Lucienne Cayat de Castella

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22032018

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Lucienne Cayat de Castella




On l’appelait, depuis des décennies, “Madame Cayat de Castella”. Une parachutiste, qui, le 17 mai 1914, avait réussi un authentique exploit, à Nevers.

Lucienne Cayat de Castella

Lucienne de Castella peu avant son premier saut en parachute à Nevers.

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Lucienne Cayat de Castella :: Commentaires

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Message le Jeu 22 Mar 2018 - 20:52 par coupole

C’est un paradoxe : Lucienne Cayat de Castella, première parachutiste française à sauter d’un avion, fut une vraie célébrité de son temps.



Sa carrière fut pourtant fulgurante, de son premier saut en parachute, le 17 mai 1914, sur l’aérodrome de Nevers, à son décès le 26 juillet suivant sur le terrain d’aviation de Stockel, dans la banlieue de Bruxelles. Ce qui est plus surprenant encore, c’est que depuis un siècle, elle est célébrée sous une identité qui est une pure fiction.
Son nom mais aussi sa situation familiale et ses origines sociales sont restées secrètes pendant plus d’un siècle. Et c’est à Bernard Pharisien, l’historien d’Essoyes, que l’on doit aujourd’hui de les redécouvrir.

Mme Cayat de Castella (1882-1914) est une quasi fiction. Une héroïne de roman. Son nom et sa particule sont une coquetterie. Elle n’est pas née à Courbevoie comme le prétendent ses biographies. Enfin, elle n’a jamais été l’épouse d’Alphonse Cayat « de Castella » pour la simple raison qu’Alphonse Cayat – c’est son vrai nom – est déjà marié à une Auboise, Renée Jolivet, qui fut à la fois nounou de Claude Renoir et modèle de Pierre-Auguste.

Fille naturelle
Ces paillettes cachent une réalité à la fois plus dure et plus ordinaire. Lucienne Henriette Andréa est née le 5 juillet 1882, à Saint-Benoît-sur-Seine. Elle est la fille naturelle de Léonide Julie Rivière, domestique âgée de 24 ans. Elle est déclarée par ses grand-parents au domicile desquels elle est née. Les premières années de la vie d’Henriette sont obscures. Elle reçoit un nom à l’âge de 10 ans, le 12 novembre 1892, quand sa mère épouse Eugène Henri Blaise, gendarme, et le nouvel époux la reconnaît ainsi que sa jeune sœur, Eugénie, née 1889.

Une dizaine d’années plus tard, Lucienne Blaise vit en concubinage avec Alphonse Cayat. « Cayat de Castella » est le nom de scène d’Alphonse depuis les années 1900 : acteur et directeur d’une petite compagnie, il a entraîné sa jeune épouse Renée Jolivet et sa troupe se produire jusqu’en Turquie. Quand, séparé de Renée, Cayat séduit Lucienne, il n’est plus comédien mais inventeur et saltimbanque. Inventeur d’un parachute breveté sous le nom de Georges Cayat de Castella, sorte de harnais attaché sous la carlingue de l’avion et largué, non par le parachutiste, mais par une commande qu’actionne le pilote. Le 17 mai 1914, sur l’aérodrome de Nevers bondé pour l’occasion, Pelletier vole et largue Lucienne pour la première fois et avec succès.

Ils sont présents sur d’autres meeting aériens comme à Nantes. Vient l’ultime représentation à Stockel, le 23 juillet, que raconte le quotidien Le Soir : l’arrivée de la parachutiste «  jolie et gracieuse dans son chandail blanc», l’arrimage à l’avion, assuré par son mari, le dernier baiser des « époux », le décollage et le vol. Et, à 17 h 42, la chute mortelle...

L’époux quittera précipitamment Bruxelles pour la France dès le lendemain matin et l’on n’entendra plus jamais parler de lui. Si bien que c’est l’adjudant de gendarmerie Henri Blaise, le père, qui viendra identifier la victime à la demande du parquet belge. Signe de sa brève et fulgurante notoriété, le New York Times lui consacrera un courte nécrologie.

J.-M. VAN HOUTTE

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Message le Jeu 22 Mar 2018 - 21:47 par LANG

Merci coupole pour ces précisions.
Cette femme était admirable (encore une).
Quel courage et... quelle confiance en son largueur !
Une vraie parachutiste !

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