Michel Brandon, dit « Nounours »

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13042018

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Michel Brandon, dit « Nounours »




Le capitaine Michel Brandon, dit « Nounours » est mort. La cérémonie religieuse a été célébrée le mercredi 16 novembre 2005.
L’éloge funèbre a été prononcé par le général Roux, autre ancien de Dien Bien Phu. Michel Brandon était la modestie même. Là où il est, lui dont la foi était si solide, il nous pardonnera d’évoquer ce que fut sa vie au service de la France.



Le général de Biré remettant la cravate de la Légion d’honneur à Michel Brandon le 6 mai 2004

Michel Brandon naît le 15 mai 1921 à Aix en Othe dans l’Aube. Il s’engage pour trois ans le 19 février 1941 au titre du 1er Régiment d’Infanterie. Caporal le 1er juin 1942, il passe dans la gendarmerie après la dissolution de l’armée de l’armistice.
Le 9 août 1944, il est sous-lieutenant des F.F.I. de l’Yonne et dès le 17 août tend une embuscade à un convoi allemand qui laisse un tué, deux blessés et un prisonnier.
Après diverses affectations en métropole, il débarque à Oran le 9 janvier 1947, séjourne au Dépôt commun des Régiments étrangers à Sidi Bel Abbès jusqu’en avril 1947 puis est muté à la 4ème D.B.L.E. en qualité de chef de section.
Il est admis dans l’armée active avec le grade de lieutenant en juin 1947 et se porte volontaire pour l’Indochine qu’il rejoint en octobre 1947. Affecté à la 13ème D.B.L.E., il y reste jusqu’en novembre 1949 en se distinguant notamment dans la région de Duc-Hoa et à Huong-Ca-Bo. Par la suite, il rejoint le 6ème R.E.I. en Tunisie à Le Kef, puis le 3ème B.E.P. à Sétif.

Il est désigné de nouveau pour l’Indochine qu’il rejoint en septembre 1952 pour une affectation au 1er B.E.P. Le 9 novembre 1952, il est blessé au Tonkin dans la région de PhuDoam lors d’un saut opérationnel. En janvier et février 1953, commandant de la 2ème compagnie, il est l’artisan de la reprise du poste Deomang, dans la région d’Ankhe.

En avril 1953, il s’empare du village de Trinh-Xa et occupe les lisières nord ouest du village de Que-Son. Dans le même mois, à la tête de l’élément précurseur du bataillon, il contribue à dégager par une contre-attaque la compagnie de commandement durement accrochée près de Xon Sau. Le 21 novembre 1953, les 654 légionnaires du 1er B.E.P., dont Michel Brandon, sont parachutés sur Dien Bien Phu (opération Castor).

Il se distingue lors de la « reconnaissance offensive » vers le Nord, par la piste Pavie, en direction de Muong Pon des 11 au 15 décembre 1953 en remplissant une mission d’arrière-garde extrêmement difficile.
Il est blessé à la main le 12 janvier 1954 et est évacué par voie aérienne vers l’hôpital Lanessan à Hanoï. Promu capitaine, il est de nouveau parachuté sur Dien Bien Phu, le 23 mars et se bat en se donnant au maximum, en particulier sur le point d’appui Huguette VI. Blessé au visage dans la nuit du 17 au 18 avril 1954, il continue le combat jusqu’au bout, en particulier dans la nuit du 6 au 7 mai sur Eliane IV. Il est capturé le 7 mai 1954 alors qu’il menait une contre attaque sur Eliane.

Sa libération interviendra le 2 septembre 1954, après quatre mois de captivité auxquels il survécut grâce à sa forte constitution et à son moral à toute épreuve. (Le camp n°1 connut un taux de « perte » de 75%, mortalité constatée dans les camps nazis). Il est rapatrié en Afrique du Nord en octobre 1954, affecté au 3ème B.E.P. en février 1955, puis au 2ème R.E.P. en décembre 1955.

Il se distingue de nouveau le 25 novembre 1957 au djebel Djebria, puis à l’Arb Estaya le 15 mars 1958. Après un bref passage à l’état major de la 10ème Région Militaire, il devient adjoint au Groupement de Commandos Parachutistes où il se bat dans l’Ouest-Algérois de décembre 1960 à avril 1961 (région de Dahra, Ouarsenis, Souk El Had).
Il quitte l’Algérie en juillet 1961 et est radié des contrôles en décembre 1962.

Arrêté en Allemagne le 13 avril 1962, vraisemblablement pour avoir aidé des officiers entrés dans la clandestinité, il est incarcéré à la prison de la Santé, jugé et condamné. Il effectue sa peine à la prison de Rouen dont il sort le 13 avril 1964.

Il entre le 6 août 1964 dans le groupe Creusot Loire et y fait une carrière, jusqu’en 1981, qui le conduira à des postes de direction du personnel. Interrogé par le journal Centre Dimanche Le Progrès le 14 février 1993, Michel Brandon répondit à la question « Retournerez-vous au Vietnam ? », posée par
le journaliste, par un « Non, pas tant que des communistes y seront au pouvoir. Je ne pourrai tendre la main à un tortionnaire ». Michel Brandon avait été décoré de la cravate de commandeur de la Légion d’honneur par le général de Biré, le 6 mai 2004, à Pau, presque 50 ans après sa promotion au grade d’officier de la Légion d’honneur. Il était titulaire de 13 citations, dont une à l’ordre de l’armée (pour Dien Bien Phu), l’une obtenue en France métropolitaine, neuf en Indochine et 3 en Algérie.
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baltique

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Michel Brandon, dit « Nounours » :: Commentaires

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Message le Ven 13 Avr 2018 - 10:46 par LANG

Nous avons perdus de grands soldats.
Beaucoup durant les guerres, mais pas seulement…
Tous nous ont manqué.

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Message le Ven 13 Avr 2018 - 11:04 par vieux treillis


Ce secret, c'est celui d'un homme, et les hommes sont rares, Les familles, les patries, les civilisations, et même les régiments peuvent mourir. Ça va, ça vient, et rien de tout cela n'a vraiment d'importance. Mais voir mourir des hommes, c'est toujours dommage.

Pierre SERGENT

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