l'ombre de la guerre

Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet

Aller en bas

14042018

Message 

l'ombre de la guerre




AFP, publié le samedi 14 avril 2018

Les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni ont mené samedi 14 avril 2018 des frappes ciblées contre la Syrie pour punir le régime de Bachar al-Assad accusé par Donald Trump d'avoir mené des attaques chimiques "monstrueuses".

Au moment même où le président américain s'exprimait depuis le Maison Blanche, des détonations étaient entendues à Damas, marquant un nouveau chapitre dans ce pays ravagé par une guerre sanglante qui dure depuis sept ans.

Selon un correspondant de l'AFP sur place, plusieurs explosions successives ont été entendues suivies par des bruits d'avions tandis que des colonnes de fumée s'élevaient du nord-est de la ville.

"J'ai ordonné aux forces armées des Etats-Unis de lancer des frappes de précision sur des cibles associées aux capacités du dictateur syrien Bachar al-Assad en matière d'armes chimiques", a lancé M. Trump.

"Une opération combinée est désormais en cours avec la France et le Royaume-Uni, nous les remercions tous les deux", a-t-il ajouté.

La défense anti-aérienne syrienne est entrée en action contre "l'agression américaine, britannique et française", a rapporté la télévision d'Etat syrienne.

Le régime syrien a jugé que cette opération militaire constituait une violation "flagrante" du droit international et était "vouée à l'échec".

La Russie, soutien indéfectible du régime de Damas, a vivement réagi par la voix de son ambassadeur aux Etats-Unis, Anatoli Antonov. "Nos mises en garde n'ont pas été entendues", a-t-il estimé, jugeant que ces frappes étaient une "insulte" au président russe Vladimir Poutine.

- Pas de pertes américaines -

Selon le général Joe Dunford, chef d'état-major américain, les forces occidentales ont visé samedi à 01H00, trois cibles liées au programme d'armement chimique syrien, l'une près de Damas et les deux autres dans la région de Homs, dans le centre de la Syrie.

Il a précisé qu'aucune autre opération militaire visant la Syrie n'est prévue à ce stade.

Selon lui, les alliés ont pris soin d'éviter de toucher les forces russes, massivement présentes dans le pays, mais que Moscou n'avait pas été averti à l'avance des cibles choisies.

"Il est clair que le régime Assad n'avait pas reçu le message l'an dernier", a déclaré le ministre américain de la défense Jim Mattis, rappelant la frappe américaine d'avril 2017 sur la base militaire d'Al-Chaayrate, près de Homs, après une autre attaque à l'arme chimique imputée à Damas.

"Nous avons été très précis et la réponse était proportionnée, mais, en même temps, ce fut une frappe lourde", a-t-il ajouté, pré&cisant que les forces américaines avaient employé deux fois plus de munitions que l'an dernier.

Aucune perte américaine n'a été rapportée lors de l'opération, selon le Pentagone.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), des centres de recherche scientifique, "plusieurs bases militaires" et des locaux de la garde républicaine à Damas et ses environs ont été pris pour cibles.

De Londres, la première ministre britannique Theresa May a affirmé qu'il n'y avait "pas d'alternative à l'usage de la force", assurant que "tous les recours diplomatiques" avaient été explorés, en vain.

Le ministère britannique de la Défense a annoncé avoir frappé, à l'aide de quatre avions de chasse Tornado GR4 de la Royal Air Force, un "complexe militaire" près de Homs, à l'ouest de la Syrie. Il a parlé d'une opération "couronnée de succès".

- Moscou a "trahi ses promesses" -

Depuis Paris, le président français Emmanuel Macron a souligné que les frappes françaises étaient "circonscrites aux capacités du régime syrien permettant la production et l'emploi d'armes chimiques".

"Nous ne pouvons pas tolérer la banalisation de l'emploi d'armes chimiques", a-t-il martelé.

Donald Trump a mis en garde l'Iran et la Russie, qui ont déployé des milliers d'hommes et du matériel pour aider Bachar al-Assad à reconquérir le pays, contre leurs liens avec la Syrie.

M. Trump a exhorté Moscou "à quitter la voie sinistre" du soutien à Bachar al-Assad. Il a affirmé que la Russie avait "trahi ses promesses" de 2013 sur l'élimination des armes chimiques syriennes.

Il a aussi estimé que le sort des pays de la région était entre les mains de leurs habitants et qu'aucune intervention militaire américaine ne pourrait, à elle seule, apporter une "paix durable".

En avril 2017, Donald Trump avait fait bombarder une base militaire syrienne, en riposte à une attaque au gaz sarin imputée au régime, qui avait tué plus de 80 civils à Khan Cheikhoun (nord-ouest).

Cette fois encore, c'est une attaque chimique présumée --le samedi 7 avril à Douma, près de la capitale syrienne-- qui est à l'origine des frappes déclenchées dans la nuit de vendredi à samedi après une mobilisation de la communauté internationale, déjà saisie par l'horreur d'une guerre civile qui a fait plus de 350.000 morts depuis mars 2011.

- "Preuve" de l'attaque chimique -

Le bombardement intervient quelques heures seulement après que le Département d'Etat a assuré avoir "la preuve" de l'utilisation d'armes chimiques par les forces de Bachar al-Assad.

Le président américain avait rapidement adopté une rhétorique belliqueuse après l'attaque, dénonçant dès le lendemain une "attaque chimique insensée", prévenant qu'il faudrait en "payer le prix fort" et pointant du doigt la "responsabilité" de la Russie et de l'Iran soutenant "l'animal Assad".

Le danger est bien là, selon les experts. Russes et Iraniens ont beaucoup d'hommes sur le terrain pour aider Damas à reprendre tout le pays à de multiples groupes rebelles.

La Russie, indéfectible soutien au régime de Bachar al-Assad, a fait usage à douze reprises de son veto en sept ans de conflit sur des projets de résolution au Conseil de sécurité contre la Syrie.

Selon un bilan à mi-mars de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), qui dispose d'un vaste réseau d'informateurs à travers la Syrie, 106.390 civils ont été tués dont près de 20.000 enfants.

Dans ce pays qui comptait quelque 23 millions d'habitants avant le conflit, environ la moitié de la population a été contrainte de fuir son foyer en raison des combats.
avatar
athos

Messages : 73
Points : 4032
Date d'inscription : 14/08/2017
Age : 58

Revenir en haut Aller en bas

- Sujets similaires
Partager cet article sur : diggdeliciousredditstumbleuponslashdotyahoogooglelive

l'ombre de la guerre :: Commentaires

avatar

Message le Sam 14 Avr 2018 - 17:36 par Blu

Aucun commentaire à cette dépêche de l'AFP largement reprise par tous les médias, mais :
deux remarques :
- aucune victime (officiellement)
- intervention largement "téléphonée"
et deux questions :
- quelles sont les preuves de l'attaque chimique ?
- début d'un engrenage ou nouveau jeu de poker en perspective ?

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Dim 15 Avr 2018 - 17:00 par LANG

Frappes sur la Syrie, résultats, conséquences.
par le Général Delawarde.
Une analyse "à chaud" de cette intervention en Syrie.
Une interprétation qui ne va pas "forcément" dans le même sens que ce que l'on entend.
Pour bien s'informer, il faut savoir se poser des questions et écouter des avis différents...
Ci-joint ce texte tiré du site "Officier un jour".
Fichiers joints
Syrie Analyse du Général Delawarde.pdf (78 Ko) Téléchargé 131 fois

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Dim 15 Avr 2018 - 18:29 par AMARANTE

Merci Lang pour ce post.
Pour ma part il m'est venu une réflexion que j'aimerai partager.


Le Président Emanuel Macron avait, durant sa campagne présidentielle, laissé entrevoir certaines de ses ambitions, parmi lesquelles, LE POUVOIR MILITAIRE.

Après son élection lors de sa prise de fonction  il levait les doutes que nous pouvions encore avoir en remontant les champs en … command-car.
Le Limogeage en juillet du général de Villiers finissait d’enfoncer le clou.

Nous avons donc, plutôt qu’un Président, un CHEF des Armées. Il n’a d’ailleurs de cesse de la répéter. Ce pouvoir Militaire lui tient à cœur, en user aussi. On peut se poser quand même la question sur cela. Un chef à l’autorité naturelle n’a pas besoin de le répéter à tout va !  

La France joue donc au gendarme du Monde pendant que sur son territoire, de véritables zones de non droit existent et s’étendent. Les banlieues des grandes villes françaises sont livrées aux criminels et trafiquants en tous genres.
Il faut dire que depuis que ceux-ci ont le droit de porter plainte contre la police pour contrôle abusif ou au faciès, cela s’arrange.    

On laisse sans réaction une poignée de zadistes  ridiculiser le gouvernement et blesser par dizaines des gendarmes sans que des sanctions soient prises, des manifestants cassent tout sur leur passage sous l’œil des policiers qui ont ordre de ne pas intervenir.

Alors Notre Président peut faire des photos dans la salle de commandement après avoir donné l’ordre de frapper la Syrie, c’est lui le tout puissant chef des Armées. Vous en doutiez ?



Et notre Pays me direz-vous ?

Revenir en haut Aller en bas

avatar

Message le Dim 15 Avr 2018 - 21:18 par LANG

Merci Amarante pour votre réflexion que je partage totalement.

La décision d’envoyer ces missiles est une décision de « politique internationale ». Je ne l’approuve pas mais c’est un sujet qui (à mon avis) sort un peu du cadre de ce site. La seule chose que je dirais à ce propos concerne les informations officielles que l’on nous « donne ». Sur ce plan-là, nous sommes gâtés depuis quelques temps. On nous prend vraiment pour des… naïfs.
Ce que nous sommes peut-être après tout…

Si j’observe le côté « militaire » de la chose, il est possible de faire quelques remarques.
« Jouer » au gendarme-adjoint du monde avec les USA est un sport qui peut rapporter « gros ». Je veux dire par là, de gros ennuis…
Je ne suis pas certain que les Français aient envie d’y jouer…

« Jouer » à la guerre avec des missiles est finalement plus facile que d’envoyer des troupes  au sol. C’est d’ailleurs encore plus facile quand on prévient, un adversaire incapable de riposter, bien à l’avance…
Cà s’appelle « téléphoner » !
Les Français vont y jouer avec leurs impôts…

« Jouer » à la guerre en envoyant des hommes sur des terrains perdus au bout du monde est possible mais il faut leurs donner quelques moyens. De préférence des VAB aptes à résister aux mines artisanales, par exemple…
Les Français se demandent combien de temps on va y jouer…

« Jouer » au chef de guerre en remontant les bretelles du chef d’Etat Major des Armées devant tout le monde peut se faire sans risque.
Car « Jouer » est possible avec une institution faite pour exécuter et se taire. Il s’agit de « La grande muette ». Comme le rappelait le CEMA lors de sa dernière audition par la commission de l’Assemblée Nationale :
« La spécificité militaire repose sur la subordination stricte au pouvoir politique ; la discipline et l’éthique, qui découlent de cette subordination ».
La Constitution de la Vème République est claire.
Nous avons un chef des Armées… qui peut « jouer » au chef de guerre.
Les Français sont presque tous d’accord. Surtout depuis qu’ils ne font plus leur service militaire…
Quoique, si on touche au porte-monnaie…

Quant au chef de la République, c’est un peu plus difficile de « jouer » à rétablir le droit dans les zones de non droit. Ce n’est plus un « jeu ».
Avec la Justice, les médias, les propriétaires des médias, les élus, les financiers de tous bords etc. Tout est un peu plus compliqué.
Alors, il est préférable de faire des photos, des interviews avec des gens bien intentionnés et d’envoyer des CRS se faire rôtir.
C’est là que les Français ne comprennent plus ou si peu...

Pardon d’avoir été aussi long.
Je me demande si ce que je viens d’écrire n'est pas plutôt à classer dans les « Billets d’humeur »…

Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous pouvez répondre aux sujets dans ce forum