La Légion, Légion Parachutiste

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15042018

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La Légion, Légion Parachutiste




La légion étrangère est un corps de l’armée de terre française. Elle fut créée par ordonnance du 9 mars 1831 par le roi des Français Louis-Philippe. Ces articles de l’ordonnance royale fixent le caractère particulier de la légion étrangère : composée d’étrangers et de volontaires, destinés à servir hors des limites continentales du royaume.



A la différence des troupes étrangères de l’ancien régime, constituées de bataillons ou de régiments de même nationalité, la Légion, quatre ans après sa création, adoptait le principe de l’ « amalgame » des nationalités dans les unités . Cet « amalgame » est resté depuis un principe de base. Il traduit dans les faits le principe de l'anonymat qui veut que la légion respecte le passé de ceux qui servent dans ses rangs. Toute différenciation ou tout sectarisme de groupe ethnique ou de nationalité est ainsi exclu.

Ce mélange des origines a permis à la Légion de garder sa physionomie propre et un caractère constant, malgré les dominantes de certaines nationalités évoluant au gré des conflits, dont le monde et l’Europe étaient les théâtres.
Ainsi, il y eut un afflux d’Alsacien-Lorrains après 1870, d’Allemands après les deux guerres mondiales, de Russes de l'armée Wrangel en 1921, d’Espagnols après les événements de 1936, de Hongrois après le soulèvement de 1956, de yougoslaves dans les années 1990. La tendance actuelle est à la mondialisation, avec une prépondérance pour les populations d'Europe de l'est.

Ce n'est pas cette diversité qui est responsable à elle seule de la spécificité de la Légion. En effet, les engagés, venus de régions géographiques très diverses n'ont, pour les souder, aucun idéal ou caractère commun. L’idée de Patrie les laisse insensibles alors qu’elle est pour toute autre troupe un moteur essentiel . Et c’est là qu’intervient la particularité de la Légion.
En effet, l’homme, qui a rompu avec son passé, son cadre social, son milieu familial, va reporter sur cette institution son besoin d’idéal et ses affections déçues, identifiant bientôt la Légion à l’idée de Patrie, au point de la servir comme le dit la devise de la Légion, « avec honneur et fidélité ». Cela explique bien une autre devise de la légion étrangère: LEGIO PATRIA NOSTRA .

Une autre particularité de la Légion étrangère est l’obtention de la nationalité française « par le sang versé ». En effet, les blessés au combat se voient proposer en remerciement des services rendus la possibilité de devenir Français.
La bataille de Camerone, du 30 avril 1863 illustre bien le courage et l'abnégation dont la légion est héritière. Une soixantaine de légionnaires, assiégée dans un bâtiment d'une hacienda du petit village de Camarón de Tejeda, résista plus d'une journée à l'assaut de 2 000 soldats mexicains.
À la fin de la journée, les six légionnaires encore en état de combattre, à court de munitions, chargèrent les troupes mexicaines à la baïonnette. Cet événement est célébré chaque année comme un haut-fait de la Légion étrangère, le 30 avril, dans toutes ses unités.
Et, en mémoire de ce combat, un ancien légionnaire est récompensé en portant la main du capitaine Danjou (relique de cette bataille) lors d’une procession ce même jour.
L’histoire de la Légion étrangère, façonnée par trente mille morts, illustre et corrobore bien ses traditions.

LES PARAS LEGION

A la fin de la seconde guerre mondiale, la Légion étrangère est un corps de troupe renommé et polyvalent dont la réputation n’est plus à faire. Néanmoins, un nouveau type de soldat s’est distingué durant ce conflit : le parachutiste, capable d’agir dans l’isolement, derrière les lignes ennemies . La légion ne dispose pas d’unités « para », alors qu’un besoin urgent de soldats aptes à cette qualification se fait sentir en Indochine. Leurs actions se sont avérées efficaces aussi bien dans des actions dites de commando que dans des combats d’infanterie classique.

L’apparition de la 3ème dimension était en marche et la Légion devait en suivre le rythme. Rapidement devenue l’élite de l’élite, la composante parachutiste s’avère importante dans le conflit indochinois, de par sa vitesse de mise en place, la supériorité psychologique instaurée face à l’ennemi, le courage et les conditions physiques des volontaires. L’idée d’apporter à la Légion une ou des unités parachutistes était née, encore fallait-il la mettre en place. En effet, il
s’agit d’un grand changement de l’homme de troupe qui doit acquérir les caractéristiques de telles unités combattantes et ne pas seulement arborer la « plaque à vélo », surnom donné au Brevet Parachutiste Militaire, une fois quelques sauts effectués, au commandant qui dans sa manière de commander et diriger sa troupe au combat doit allier la composante Légion et celle des parachutistes.

Le goût de l’aventure, le dépassement de soi et l’audace bien connus des légionnaires apporte rapidement, malgré les quelques tâtonnement initiaux, son lot de volontaires pour de telles troupes malgré l’attachement de la « vieille légion » à ses traditions. On aurait pu croire un tel changement impossible.

Mais avant d’en arriver à la création d’unités légionnaires parachutistes formées, quelques changements et évolution ont dû avoir lieu.
Tout commence avec la création du 1er bataillon de choc en 1943, qui recrute des volontaires parmi les troupes d’Afrique, la Légion…De ce corps ressort la fameuse « section Légion », baptisée aussi « section expérimentale » qui s’illustrera par de nombreuses actions commandos et sera chargée de la mise en place et de l’application des nouvelles techniques de combat.
4 sauts d’entrainement était à l’époque requis pour cette unité. A la suite du conflit, les combattants rejoignent leurs unités d’origine en vue de nouveaux combats en Extrême Orient.

Rapidement le commandement du contingent demande la disponibilité d’unités parachutistes qui du fait des pertes au combat se retrouvent rapidement en pénurie, de plus les volontaires métropolitains n’affluent pas. A l’inverse la Légion, au sortir du 2ème conflit mondial, a le vent en poupe et les volontaires de tous horizons et souvent des forces de l’axe viennent en garnir les rangs.
L’idée de créer les unités de légion parachutiste est poussée par l’inspecteur de la légion Étrangère de l’époque, le général Magrin-Verneret. A l’inverse cela n’est pas de l’avis du dépôt commun des régiments étrangers (DCRE).
En effet son commandant le colonel Gaultier « louis le magnifique » ne veut pas voir les rangs, des autres unités légions, vidés de leurs hommes. De plus, l’aspect du combattant parachutiste, prenant plus d’initiatives, ne correspond pas aux traditions de la « vieille légion » habituée au travail de troupe organisée gérée par ses cadres, « il faut les garder en main, groupés et disciplinés pour des actions simples ».

Par arrêté ministériel la création des unités est décidée. En mars 1948, parait la note de service appelant dans les unités, les volontaires en vue de la création d’une compagnie. 150 volontaires issus des 2ème et 3ème REI et de la 13ème DBLE débarquent dans la compagnie créée le 1er avril. Le 1/3 REI est confiée au Lieutenant Morin. Le 1er saut collectif a lieu le 16 avril après un brevet passé à Gia Lam (elle est dissoute pour être reversée au profit du 1er BEP le 1er juillet 1949). Entre temps la « compagnie Morin » a débuté la légende des légionnaires parachutistes, mariage des 2 entités, elle a réalisé avec succès de nombreux sauts opérationnels.

Deux bataillons étrangers de parachutistes sont mis sur pied durant l’année 1948 sur volontariat : le 1er Bataillon Etranger de Parachutiste et le 2ème Bataillon Etranger de Parachutiste, « De la vieille Légion, ils avaient recueilli les traditions de rigueur, de solidité, de discipline, de dévouement ; des parachutistes, ils avaient la jeunesse, la souplesse, l’enthousiasme, le goût de l’insolite. Ils formèrent vite une troupe unique en son genre : les
« légionnaires parachutistes » dira le Général Guignon ancien CDC du 2ème BEP.

Afin de préparer et de former au mieux les nouveaux bataillons, on a fait appel à des volontaires, il y en avait dans les forces spéciales, d’autres ayant appartenu à des formations parachutiste en métropole. Ces « cadres blancs » rejoindront facilement la légion étrangère.
Au 1er BEP on retrouve le capitaine Segretain désigné comme chef de corps, secondé par le capitaine Jeanpierre. Au 2ème BEP, le capitaine Solnon, ancien commandant de compagnie au 2 ème REI.

Le 12 octobre 1948, par ordre du général de corps d'armée commandant en chef des forces armées en Extrême-Orient est créé le commandement des formations aéroportées en Indochine. Il dépend directement du commandant des forces terrestres. Le commandant désigné à cette affectation est le colonel Chavatte qui en prend le commandement le 1er octobre 1948.

Le 13 septembre 1949, ce commandant des formations aéroportées écrit au commandant en chef des forces terrestres en Extrême-Orient pour rendre compte de l'état du personnel nécessaire pour la consommation en 1950 des effectifs de la réserve générale aéroportée :
- Un groupement léger aéroporté du type métropolitain conçu en 1948 pour les besoins d'outre-mer et comportant : un état-major de groupement, trois bataillons de légion étrangère, une section transmission, un détachement d'artillerie, une section du génie et une antenne chirurgicale.
- Une demi-brigade de commandos coloniaux parachutistes comportant un état-major de demi-brigade, quatre bataillons.
- Deux bases aéroportées.

Soutien santé initial des Bataillons

Pendant la guerre d’Indochine, le médecin de bataillon était le premier maillon médical de la chaîne d’évacuation. Son rôle était donc essentiel pour l’avenir fonctionnel ou vital du blessé.
Dépourvu de moyen radio, il se maintenait auprès du PC du bataillon pour coordonner la manœuvre santé en fonction des demandes du chef de corps et de l’évolution de la situation.
Son poste de combat était le poste de secours résumé le plus souvent à un abri naturel improvisé avec une trousse et un ou deux brancards pliants portés à dos d’homme.
Aidé par ses infirmiers de la section sanitaire, le médecin effectuait les actes de sauvetage et de mise en condition d’évacuation de ses blessés en rédigeant pour chacun sa fiche médicale de l’avant .
Rapidement, le commandement de ces unités parachutistes en Indochine va prendre conscience de l’importance du soutien santé. Tout d’abord pendant les combats où l’évacuation sanitaire devient la préoccupation majeure mais aussi panser les plaies, soulager la douleur, immobiliser les fractures. Mais aussi en dehors des combats, car les parasitoses, le paludisme, les infections vénériennes affectent elles aussi largement l’effectif des compagnies de combat.

Les médecins affectés dans ces unités opérationnelles sont très jeunes, l’Extrême Orient qui attirait précédemment les majors de promotion ne motive plus autant les médecins. Ces postes partent aux « fin de classement ». Il leur faut apprendre vite le fonctionnement de l’unité, se retrouver exposé au milieu des combats, nombre d’entre eux feront preuve d’héroïsme à maintes reprises.

La doctrine du Service de Santé de l’époque repose sur le traitement du blessé et principalement l’acte chirurgical . Ces médecins de bataillon doivent donc traiter le blessé dans les meilleures conditions possibles, après l’avoir pris en charge au niveau de son maigre poste de secours avec le peu de moyens dont il dispose et ensuite l’évacuer vers l’unité chirurgicale. La précocité du traitement prenant le pas sur l’évacuation sanitaire.

Mais la particularité des médecins des BEP vient du fait qu’ils ne disposent souvent pas de poste de secours, de par la spécificité parachutiste, que leur matériel se résume à une trousse et beaucoup de système « D ». Que maintenir en vie un homme, loin derrière les lignes ennemies s’avère un défi majeur quand on ne dispose de presque rien. Par leurs exploits, leur maîtrise sous le feu, nombre d’entre eux marqueront l’histoire de la Légion Etrangère
Parachutiste.
Les opérations du service médical sont de trois sortes : Aéroportées, motorisées ou pédestres.

L'infirmerie du bataillon dispose de 12 brancards avec les coolies autochtones pour les porter.
Deux brancards sont affectés à chacune des compagnies de voltige et 4 sont réservés à la section sanitaire celle-ci n'est forte que de 6 à 8 infirmiers (généralement deux sous-officiers et six coolies brancardiers). Dans chaque section se trouve un infirmier.

Au combat, le médecin chef et la section sanitaire se tiennent souvent à l'échelon de la compagnie de commandement à proximité du PC et y organise le service médical . Les soins effectués sur place sont sommaires : Morphine-atropine pour les blessés légers, déconnexion avec le fameux cocktail Phénergan-Dolosal pour les cas graves, attelles, pansements, établissement de la fiche de l'avant.
Quand une opération parachutiste est effectuée sur les arrières de l’ennemi, tout blessé même léger, devient une charge considérable pour le maigre service médical .
En base arrière, le médecin-chef est responsable de l’instruction des infirmiers et des brancardiers, il doit veiller à leur perfectionnement technique et leur entrainement régulier.
« Schématiser les traitements clés que l’on veut voir appliquer », prémices du Secourisme au Combat des années 2010.
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coupole

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