Encore une pour la route...

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09052018

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Encore une pour la route...




Une dernière anecdote en attendant de passer... derrière les lignes ?

Au-delà des lignes… et de fil en aguille…

Je cherchais un sujet pour agrémenter le site et je me suis dit que quelques souvenirs de mon passage en Allemagne pouvaient intéresser les lecteurs.
En remontant le temps, jusqu’à la fin des années 1960, au bord d’un lac, il était une fois un escadron du 13ème RDP détaché en Bavière…

Mais après quelques hésitations, j’ai pensé que mes histoires n’avaient pas beaucoup d’intérêt. Sauf, peut-être, à évoquer nos « honorables correspondants » allemands.
En effet, la Bundeswehr disposait de trois unités parachutistes dont les missions étaient à peu près semblables à celles du 13ème. Une compagnie pour chacun de leurs trois corps d’armée.
Nos rapports n’étaient pas très étroits mais ils existaient. Certains cadres du régiment étaient régulièrement envoyés chez eux pour être brevetés parachutistes.
En fouillant dans ma mémoire, je me suis rappelé de ce repas que nous avions partagé avec une délégation allemande appartenant à la compagnie de « Reconnaissance profonde n°200 » ( Fernspähkompanie 200)  avec son patron le commandant Konrad Rittmeyer.


Ce devait être en 1967 ou 1968. L’ambiance avait été sympathique car nous étions quelques-uns à parler couramment allemand.
Le commandant Konrad Rittmeyer  avait été chargé en 1962 à 43 ans de créer ces unités spéciales à Schongau. Par la même occasion, il avait suivi la formation de parachutiste et effectué son premier saut car il n’était pas parachutiste d’origine.
Appartenant à l’arme blindée, engagé à 18 ans, il avait participé à 20 ans à la campagne de Pologne puis à celle de France.
Son peloton de reconnaissance profonde, souvent derrière les lignes ennemies,  avait été le plus à l’est des troupes allemandes pendant la campagne de Russie…
Fait prisonnier par les américains, il avait été « rendu » aux soviétiques et n’était revenu des camps de Sibérie qu’en 1955.

J’aurais pu m’arrêter là...
Mais parmi ces Fernspähkompanies il y avait aussi la n°300.
Et en recherchant son histoire, je suis tombé sur un autre commandant d’unité. Erich Lepkowski, qui lui était un parachutiste « d’origine »
Incorporé dans la Wehrmacht en 1939 comme radio transmetteur de la météo,  il demanda son affectation dans les unités parachutistes après l’invasion de la Hollande. Il participa à l’opération sur la Crète ou il fut blessé et fait prisonnier mais réussi à s’évader.
Pendant l’hiver 1941-1942 il fut engagé sur le front russe où il effectua des interventions derrière les lignes ennemies et parfois tout seul.
Après diverses opérations en Italie, il fut nommé lieutenant en 1943 et retrouva le front russe toujours au sein d’une unité parachutiste.
En 1944, c’est dans la poche de Brest qu’il termina la guerre après un exploit hors du commun. Avec du matériel américain récupéré (camions et blindés) et des hommes à moitié camouflés en civils, il effectua un raid sur le village de Brasprats situé à 50 kms de Brest afin de libérer 130 de ses hommes qui étaient gardés par des FFI.
Prisonnier des américains, il fut libéré en 1947.
En 1960 il intégra la Bundeswehr et obtint le commandement de la Spähkompanie 300 lors de sa création en 1963. Sur les photos on peut le voir lors de sauts à haute altitude en 1964.





J’aurais pu m’arrêter là…

Mais pour finir je me suis demandé quelle était la devise des parachutistes allemands ?
C’est : Treue um Treue.



L’expression n’est pas facile à traduire : fidèle à la fidélité… ?
L’âme allemande est compliquée. Pour la comprendre, il faut plutôt y voir une notion de fidélité absolue. Fidélité à son Roi, à son supérieur, à ses anciens, à son pays, à ses camarades morts…
C’est une devise ancienne car elle était déjà en vigueur dans l’armée Prussienne. Utilisée après la première guerre mondiale par Hindenburg, elle prônait la fidélité aux vétérans ayant fait la guerre et aux morts de ce conflit.
L’arme blindée de la Wehrmacht avait repris cette devise mais elle était plus particulièrement à l’honneur dans les unités parachutistes.
Après 1950, les unités parachutistes de la Bundeswehr, malgré les critiques, l’avaient conservée jusqu’en 2014 où elle fut interdite par décret.
On dit qu’elle avait tendance à être confondue avec la devise des SS :
"Meine Ehre heisst Treue " (Mon honneur s’appelle fidélité).

Les "Fernspähkompanies" ont été dissoutes en tant qu’unités autonomes en 2015.
Le 13ème RDP n’a plus d’escadron à Langenargen...

Mais, même si on a du mal à les voir, dans les zones de conflits il y aura toujours des « gens » derrière les lignes…
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LANG
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Encore une pour la route... :: Commentaires

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Message le Mer 9 Mai 2018 - 19:38 par AMARANTE

Bonjour LANG
bravo pour ce sujet, vous savez mieux que personne que toutes anecdotes parachutistes est intéressante.
Actuellement je navigue (à pieds) le long de la côte Atlantique, et je profite de certains points d'accès wifi pour me connecter.
Bonne soirée

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Message le Mer 9 Mai 2018 - 21:06 par LANG

Alors, entre deux points wifi,... bon courage !
Pour les prochaines étapes, j'essayerai de vous trouver une... deuxième pour la route.

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