Chronique de la Guerre d'Algérie

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03092018

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Chronique de la Guerre d'Algérie





Ici Chaque jour la chronique de la Guerre d'Algérie par Jean-Jacques VIALA.

Les textes sont reproduits à l'identique, mais des messages et des clichés postés par des membres enregistrés ou des visiteurs ponctuent cette chronique.

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Aujourd'hui l'introduction - Mars à Octobre 1954 -


23 Mars 1954 :

A l'initiative de Boudiaf, les divers chefs du futur F.L.N. (les partisans du terrorisme) se regroupent dans une structure nouvelle le Comité Révolutionnaire pour l'Unité et l'Action (C.R.U.A.). Ils sont neuf, les neuf "historiques". Ils ont noyauté l'O.S. du M.T.L.D. Ils se proclament (et c'st assez vrai) les representants des "centralistes".



 7 Mai 1954 :

Chute de Dien Bien Phu.


17 Mai 1954:

Un navire hôpital ramène des grands blessés d'Indochine à Marseille:
"J'étais un des premiers à descendre, porté sur un brancard, avec difficultés car la coupée était raide, suivi par d'autres blessés. C'était le soir, et une foule compacte nous attendait au pied de la passerelle. A peine arrivé au pied de la coupée, un groupe vociférant de 300 à 400 dockers, brandissant des drapeaux rouges, débordait le rideau de CRS, m'entourait, m'insultait, me crachait au visage, me frappait en essayant d'arracher mes pansements."

Ambiance.

C'est à partir de mai 1954 que le parti communiste français décide de soutenir le FLN contre le MNA, dont il croit distinguer une preference trotskiste vu l'importance de Lambert dans l'entourage de Messali. Il attaque les militants MNA chez Panhard en mai 54, crée au sein de la CGT un groupe dirigé par Belouchrani qui deviendra l'AGTA.


29 Mai 1954 :

Au Caire, Ben Bella et huit autres "chefs historiques" signent la "charte d'Union des Commandos Nord -Africains "

Ils viennent de fonder le CRUA, organisme de direction du tout nouveau FLN.

3 Juin 1.954 :

Afin de lutter contre les terroristes tunisiens qui viennent chercher refuge en algérie, le gouvernement autorise le droit de suite dans les deux sens. (il y a en effet encore des troupes françaises en Tunisie).

13 juillet 1954:

Comme le gouverneur général de l'Algérie le rappelle, dans une lettre adressée au ministre du Travail, le 13 juillet 1954, "l'utilisation dans les entreprises métropolitaines de la main d'œuvre algérienne excédentaire constitue le seul palliatif aux problèmes posés par l'accroissement démographique de l'Algérie dont les ressources industrielles et agricoles sont insuffisantes eu égard à sa population". Cette donnée est d'ailleurs intégrée dans les différents plans de développement de l'Algérie.
Les auteurs des "Perspectives décennales" tenaient le placement en France, chaque année pendant dix ans, de vingt mille travailleurs algériens, soit le cinquième du total des emplois à créer pour faire face à la croissance démographique algérienne, pour une contribution indispensable à la lutte contre le sous-emploi local, objectif avalisé par le plan de Constantine.

L'immigration en métropole apparaît également comme une opportunité de première importance pour la formation des hommes. L'ensemble du dispositif de formation technique qui vise à transformer les immigrés algériens de manœuvres en ouvriers spécialisés, voire en ouvriers qualifiés, permet d'envisager, avec le retour en Algérie d'une partie de ces derniers, une solution aux carences locales de personnels qualifiés.

C'est surtout une source de revenus indispensables. Selon les estimations du Rapport Delavignette, en 1954, "un million et demi de personnes demeurées dans les douars vivent de l'argent gagné en métropole. Sur les 60 milliards (anciens francs) de salaires touchés dans la métropole, 35 milliards ont été envoyés en mandats en Algérie" pour un revenu "national" de l'ordre de 500 milliards. Le Bulletin hebdomadaire de la CGPA donne un autre indicateur du poids de ces expéditions, en signalant que les 33 milliards de francs transférés au cours de l'année 1953 en Algérie représentaient "plus du quart du total des salaires payés en Algérie pour le secteur non agricole et un chiffre égal au montant global des salaires versés par l'agriculture". Pour le département de Grande Kabylie, en 1958, "les transferts de salaires et les allocations correspondantes représentent près de la moitié des moyens de vie; la proportion est même de l'ordre des deux tiers dans l'arrondissement d'Azazga".

Comment envisager de se passer de tels revenus? Comment priver aussi des dizaines de milliers d'Algériens d'un travail qu'ils ne sauraient trouver au pays où le sous-emploi, chronique, est considéré comme une plaie majeure?

C'était enfin, comme le soulignait le gouverneur R. Léonard, en février 1955, "un des éléments les plus positifs de la balance des comptes de l'Algérie" puisque ces expéditions couvraient à elles seules presque la moitié du déficit commercial de la colonie vis à vis de la métropole qui s'établissait, en 1953, à environ 71 milliards de F (anciens).

À partir de la, lorsque les responsables de l'algérie se prononcèrent à propos de l'émigration des indigènes, ce fut désormais pour exiger que toute entrave à la liberté de circulation soit levée et que priorité soit donnée aux ressortissants français d'Algérie dans l'accès au marché du travail métropolitain. En 1953, la CGPA estime que "dans les circonstances actuelles et compte tenu du développement économique de l'Algérie, l'émigration reste, tout au moins pour certaines régions particulièrement surpeuplées de notre territoire, un élément indispensable".

Plus pressants encore, les dirigeants de la Centrale patronale s'élèvent contre la concurrence que les ouvriers étrangers font peser sur les ressortissants français d'Algérie, et exigent en faveur de ces derniers l'application du principe de la préférence nationale: "À notre plus grand effarement, nous pourrions même écrire à notre scandale le plus profond, si l'on examine les courbes au cours de l'année 1953 de l'émigration des travailleurs algériens en métropole, et la courbe des travailleurs étrangers en métropole, on s'aperçoit que le nombre des travailleurs étrangers émigrés en métropole pour y travailler et ayant trouvé du travail est supérieur au nombre des Algériens ayant eux-mêmes trouvé du travail sur le sol métropolitain. [ ... ] Il est inadmissible qu'une préférence soit donnée à des éléments étrangers contre des éléments français. [... ] Que pouvons-nous demander à la métropole? Tout simplement que [...] en ce qui concerne les problèmes de main-d'œuvre, il ne soit accepté - à qualification professionnelle égale - d'étrangers tant que nous aurons ici en Algérie des problèmes de main-d'œuvre qui n'auront pas reçu de solutions. [ ... ] L'Algérie est composée de trois départements français et les possibilités d'emplois doivent être réservées en priorité aux citoyens d'un même pays avant d'être offertes à des étrangers." L'enjeu n'était pas seulement social et économique. Il était aussi politique. Déjà, en 1935, le délégué arabe, M. Foudil, considérait le chômage en Algérie comme "des germes de révolution"! En mars 1954, dans un rapport présenté à l'Assemblée algérienne, M. Amar Illoul estimait que "compte tenu, d'une part, du déséquilibre existant actuellement entre les richesses et la population des trois départements de l'Algérie, et compte tenu d'autre part, du nombre relativement limité d'emplois nouveaux [...] l'émigration demeurera pendant de longues années encore la seule possibilité de donner du travail, la seule "soupape de sécurité" possible".

d'après Daniel Lefeuvre Chère Algérie, ISBN2-08-210501-6


14 juillet 1954 :

Le congrès du MTLD de Messali Hdj s'achève à Hernu, en Belgique. Il marque le reconquête de "son" parti par Messali. La scission avec les centralistes est consommée, Ben Khedda, Lahouel et 6 autres membres du comité central sont exclus du parti.

Le 13 août, à Alger, les centralistes tiennent leur congréès concurrent, ils excluent Messali, et d'autres.

Fin août il y a donc deux formations qui se réclament toutes les deux du MTLD, celle d'alger (futur FLN) et celle de métropole (futur MNA).

La "bataille de france" entre FLN et MNA, destinée pour l'essentiel à savoir qui récolte les cotisations, commence immédiatement.

MNA et FLN se combattent en Kabylie en février-mars 1955, à Alger en octobre 1955. En juillet 1956, 82 cadres du FLN sont tués par le MNA à Paris. La lutte FLN -MNA en métropole se traduit par 12.000 agressions, 4.300 morts et 9.000 blessés.


mi septembre 1954:

Les 9 "historiques" sont réunis en Suisse pendant une dizaine de jours. Ils mettent la derniére main aux organigrammes, aux responsabilités, aux filiéres d'achat d'arme (surtout via Nasser et l'egypte) aux recueils de cotisation et à la repartition de cette manne.

6 d'entre eux se retrouveront le 30 à Alger et fixeront la date du premier novembre pour le début de la lutte armée.

 25 Octobre 1954 :

Lettre du 25 septembre 1954 du préfet Vaujour à M. Queuille, alors vice-président du conseil:
"Je tiens à vous confirmer en tous points notre conversation. Les séparatistes se battent entre eux, certes, en ce moment. Mais des renseignements précis me permettent de redouter de les voir passer à l'action directe avant un mois. Et ce mouvement sera très vaste. Il atteindra les zones les plus dures de l'Algérie et certaines villes. Si nous n'y prenons garde, le petit groupe d'activistes qui a pris la tête d'une nouvelle action clandestine et qui n'agit pas, je le souligne, dans le cadre du parti traditionnel de Messali, va essayer d'embraser l'Algérie à la faveur des événements des terroristes voisins. Ce sera une flambée brutale, généralisée, et qui risque de nous placer dans une situation difficile si nous n'avons pas les moyens de faire face partout en même temps. C'est incroyable de voir combien ce pays est vide de cadres et livré à lui-même.

M. Léonard a, je le sais, alerté Paris... que faire avec rien ? ...Je suis persuadé que nous allons vivre des heures graves... Nous sommes à la veille d'attentats, peut-être même de soulèvements dans les régions où les bandits tiennent le maquis depuis des années. Cette fois ce ne sera pas une action sporadique et localisée... car le Maroc et la Tunisie sont là, tout près, qui donnent l'exemple. C'est le Maghreb tout entier qui va s'enflammer. "

Extrait de "De la révolte à la révolution", Vaujour.
Rien ne bouge coté gouvernement. Le 10 Octobre Vaujour informe que la date est fixée au premier Novembre. Le 23 Octobre il demande l'autorisation de procéder à des arrestations : rien. Le 26 Octobre il a connaissance de la réunion du CRUA destinée à mettre au point le communiqué qui sera envoyé après les attentats du premier novembre. Il renouvelle sa demande de rafle, le ministre de la justice (Mitterand) lui répond non. Le 29 Octobre, sur indication d'un militant du parti communiste, effrayé de ce qu'on lui a demandé de faire, on trouve la première bombe à Oran.

La décision d'arrêter les responsables ne parviendra à Alger que le 2 Novembre, le lendemain du début de l'insurrection.

 30 Octobre 1954 :

(Henri Jacquin, la guerre secrète en algérie, Olivier Orban 1977, ISBN 2-85565-055-0) LA POLITIQUE DE L'AUTRUCHE

Il faut une bonne dose de mauvaise foi, mais les politiciens n'en manquent pas, pour affirmer que la Toussaint de 1954 a été une surprise pour les autorités. L'ignorance est l'alibi des incapables. L'armée possédait peu de moyens d'investigations mais le Gouvernement général disposait d'un large éventail d'organismes qui ne faillirent pas à leur tâche. Toutefois le corps des officiers des affaires musulmanes spécialisé dans le contact avec les musulmans avait été depuis 1945 plusieurs fois remanié sous la pression de notables ou de partis politiques dont il gênait les agissements. Accusé d'entretenir la ségrégation raciste et des méthodes paternalistes, il avait subi des coupes sombres et regrettables.

Depuis l'arrestation en 1950 des auteurs du hold-up de la poste d'Oran l'année précédente, on n'ignore pas qu'une organisation secrète prépare une insurrection armée. Ses délégués au Caire n'en font pas mystère. En 1951 l'O.S. compte 1800 hommes armés (fusils Statti, Mausers, armes française de 8 m/m) organisés en cellules de trois hommes, en groupes de trois cellules et en sections de plusieurs groupes. Des exercices ont lieu, de nuit de préférence. Des scouts musulmans et quelques chrétiens se prétendant progressistes y participent. Des "services" aux missions bien précises se sont formés: sabotage, renseignement, matériel, artificiers, sanitaires... Le M. T .L.D. finance cette activité clandestine dans des conditions contestées par les bénéficiaires eux-mêmes.

Malgré les perquisitions, les arrestations, les défections, 1'0.S. ne désarme pas. Un rapport de la Xe région militaire se basant sur des renseignements de police et de gendarmerie indique fin 1953 "qu'en Kabylie, Krim Belkacem et Ouamrane qui personnellement tiennent le maquis depuis sept ans, peuvent compter sur 1 500 hommes armés. Dans les Aurès, Mostefa ben Boulaid, un ancien sous-officier rassemble 500 hommes".

Aussi bien dans les Aurès qu'en Kabylie, les méfaits des maquisards se distinguent souvent mal des crimes de droit commun, mais la liste est longue des gardes- champêtres et forestiers, des notables et des anciens combattants assassinés depuis 1949. Les "fellaghas" qui opèrent en Tunisie depuis 1952 sont en liaison avec les "bandits" des Aurès. Le général commandant à Alger et le résident de France à Tunis proposent la création d'un état-major mixte pour coordonner le renseignement et les opérations de police des deux côtés de la frontière. Les ministres intéressés, de l'intérieur et des Affaires étrangères, ne peuvent se mettre d'accord.

En janvier 1954, enquêtant sur les activités suspectes d'un propagandiste du M.T.L.D., les gendarmes de Tizi-Ouzou découvrent dans une cache des documents révélant une organisation de type militaire. Une perquisition opérée au siège du M.T.L.D. à Alger permet de saisir une liste de militants fortement compromis. L'un d'entre eux, Saïd interpellé, collectait des renseignements sur les gendarmeries: effectifs, armement, habitudes, sur l'armement détenu par les gardes forestiers et les commissariats, sur les magasins d'armes des casernes.

"Pour ne pas mettre, dit-il, le pays à feu et à sang" le Gouvernement général s'oppose tout d'abord à l'arrestation de tous les conjurés cités; en avril il est trop tard; alertés, les oiseaux se sont envolés ! Perquisitionnant dans les mêmes milieux, la Sûreté parisienne trouve des documents révélant des préparatifs militaires, entraînement de commandos, trafics d'armes et une abondante correspondance avec la délégation de 1'0.S. installée au Caire qui fournit des fonds; l'un des militants interpellés Boularouf, futur négociateur d'Evian, avoue qu'une action armée se prépare. Sur le bureau du procureur de la République, à Alger, les dossiers s'accumulent, mais le 29 septembre 1954, le ministre de l'intérieur, M. Mitterrand fait savoir "qu'il ne faut pas envisager le règlement de ces dossiers, afin de ne pas énerver l'opinion par la répression, le M. T.L.D. étant un parti officiellement représenté au Parlement français... D'ailleurs le pays est calme".

Au printemps 1954, se séparant définitivement de Messali Hadj et de ses amis incapables de passer à l'action ainsi que de la fraction centraliste de Lahouel pourtant plus activiste, l'Organisation secrète du M. T .L.D. se transforme en "Comité révolutionnaire et d'unité d'action", C.R.U.A. Les durs de l'O.S. n'ont plus besoin du patriarche vieilli et ils savent que ses plus résolus partisans les rejoindront. Pas besoin non plus de l'argent du parti, un trésor de guerre est constitué à la banque arabe de Genève: 5 000 000 de francs suisses, et au Caire où le lieutenant-colonel Nasser a déposé 10.000.000 de livres en promettant d'autres subsides.

Le C.R. U.A. se compose de 22 membres cooptés dont les principaux sont: Boudiaf, un ancien élève de l'Ecole normale d'instituteurs, chef du M.T.L.D. en métropole et inspirateur du nouveau comité, Ben Bella chargé de la liaison avec les services égyptiens, Aït Ahmed le fils d'un ancien caïd, aigri, sans profession dit pudiquement sa fiche de police, Khidder, ancien député à l'Assemblée nationale de 1946 à 1951, Ben Boulaïd, entrepreneur de transports condamné en 1950 pour atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat, évadé, il tient la maquis dans les Aurès, Ben M'Hidi qui se charge de l'Oranie, Bitat Rabah de l'Algérois et Krim Belkacem qui fait déjà en Kabylie figure de héros: Zirout, Benaouda, Bentobal du Nord-Constantinois, Didouche Mourad, Ben Maheddine Larbi ainsi qu'un oulema dont seul Boudiaf connaît le nom. Le C.R.U.A. se réunit au Caire fin juin 1954. Une délégation du M.T.L.D. est présente. Elle est brutalement évincée.

- Nous ne sommes pas prêts, gémit Moulay, un adjoint de Messali Hadj.

- Depuis des années, ricane Ben Bella, le Boulaya (Messali) n'est prêt à rien, il se cache derrière la police française.

- Des attentats généralisés dresseront les Français contre nous fait remarquer l'ancien député du M.T.L.D., Mezerna, même ceux qui appuient notre lutte politique.

- La lutte politique est dépassée, rétorque Khidder. Les Français sont vaincus en Indochine, profitons-en !

Le soir même la délégation M.T.L.D. éclate. Moulay Merbah rentre à Paris, Lahouel, délégué des "centraliste" dissidents du M.T.L.D. se retire en Suisse en emportant une partie de la caisse du parti; M'Hamed Yazid offre ses services au C.R.U.A. et Mezerna soupçonné de renseigner la police française est jeté dans une prison du Caire. La réunion se poursuit abordant les problèmes techniques. Décalquant l'organisation du M.T.L.D. tant on est sûr que ses militants, abandonnant leurs chefs, rejoindront l'action armée, on divise l'Algérie en six Wilayas, elles-mêmes découpées en zones dont les chefs sont désignés.

- La date ? s'inquiètent les conjurés.
- La prochaine assemblée de l'O.N.U. aura lieu le 1er novembre, indique le commandant Fethi ed Dib du Deuxième Bureau égyptien. Pour permettre aux membres de la Ligue de soulever la question algérienne, il faut faire quelque chose avant cette session, marquer par un soulèvement généralisé la volonté du peuple algérien. La Ligue et l'Egypte ne vous ont pas ménagé leur appui, à vous d'agir !

- Les mois qui viennent sont favorables, constate Khidder. Nos amis font régner l'insécurité au Maroc et en Tunisie, immobilisant des troupes. Mendés- France négocie à Genève l'évacuation de l'Indochine. Après la capitulation du Diên Biên Phu, l'opinion publique en France refusera de courir une nouvelle aventure colonialiste . Il est décidé d'envoyer en Algérie les commandos qui s'entraînent en Egypte. Un confident de Boudiaf rend compte à la police de ces entretiens et de ces projets dont le ministre de l'intérieur est avisé.

31 Octobre 1954 :

Une réunion a lieu à Alger, dans les locaux d'une confédération générale de travailleurs, il y a là Belkacem et Ouamrane, qui tiennent le maquis depuis sept ans, dans la tradition des bandits d'honneur kabyle, Ouezzegane, qui fut le secrétaire général du parti communiste algérien avant de s'en faire virer pour déviationnisme (il accusait l'U.R.S.S. d'attitude impérialiste vis à vis des pays arabes).

Les deux premiers ont organisé les attentats qui éclateront le lendemain. Le troisième a fait la liaison avec les deux européens qui sont là, Benoît Frachon, Dufrèche, membres du bureau politique du parti communiste français. Les trois révolutionnaires algériens veulent du parti communiste plus de paroles, des actes, ils obtiennent des demi promesses. Un des militants communiste qui a aidé à l'organisation de la réunion, qui a déjà averti la police quand on lui a demandé de fabriquer des bombes, informe les autorités de cette réunion.

- Dans le même état d'esprit (préparer l'avenir) Khidder à Genève avait obtenu du syndicat dominé par les américains (CISL) un chèque de 250 000 $ pour "financer la lutte anti colonialiste".
C'est le secrétaire de la CISL, un américain converti à l'islam qui a pris le nom de Ahmed Ramal, et accessoirement le meilleur agent de la C.I.A. pour les affaires arabes qui signe le chèque. (Henri Jacquin, la guerre secrète en algérie, Olivier Orban 1977, ISBN 2-85565-055-0)
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Message le Mar 4 Sep 2018 - 8:39 par Vent du sud

Par Jean-Jacques VIALA


En guise d'introduction, qu'est-ce que la guerre subversive ?:

Chaque victime était un otage innocent versé dans les charniers pour satisfaire aux exigences glacées d'une arithmétique de la terreur. Peu importaient les qualités ou les défauts des victimes, leur nom, leur poids d'entrailles humaines et les symboles inclus dans leur métier. Ce qui comptait, c'était le nombre des morts à partir desquels la peur s'installait dans la vie et commençait de la corrompre comme un poison. On ne tuait pas comme on tue à la guerre pour ouvrir dans les rangs de l'ennemi des brèches dans lesquelles s'engouffraient les soldats. On tuait pour créer un scandale et par ce scandale attirer l'attention du monde non pas sur les victimes, mais sur les bourreaux.

L'entreprise supposait une organisation méticuleuse des complicités; chaque nouveau mort étant l'occasion d'exprimer les solidarités qui liaient le meurtrier à un immense camp d'intérêts et d'idées. Chaque nouveau massacre collectif servait de prétexte à une explosion d'indignation en faveur des écorcheurs. Ainsi les hommes étaient-ils immolés sur l'autel d'un calcul, et les morts versés comme un carburant nécessaire au fonctionnement d'une machine. Pour que s'ouvrît et fût alimentée une controverse, il fallait que mourussent des innocents. On brûlait la vie dans les hauts fourneaux des fonderies d'idées.

Dans cette incroyable logique de l'absurde, les Français d'Algérie fournissaient les morts. Ils étaient les hommes-charbon indispensables au fonctionnement de la grande machine "anticolonialiste" affectée à la subversion de l'Occident. Pour que les journaux progressistes de France pussent s'indigner du sort des Algériens, pour que M. Sartre pût donner une conférence à Rome en compagnie de l'un des chefs des égorgeurs, pour que l'archevêque d'Alger pût rédiger l'un de ses communiqués abscons qui sont égale injure à la justice, à la charité et à la syntaxe; enfin, pour que l'Organisation des Nations unies pût se poser à New York en gardienne intransigeante des droits de 1 'homme, il fallait qu'une femme fût violée dans une ferme d'Oranie, après avoir été contrainte d'assister à l'égorgement de sa fillette et de son mari; il fallait qu'un petit garçon fût assommé à coups de pioche dans un village de l'Algérois; il fallait que des jeunes filles fauchées par le souffle des bombes fussent mutilées à Alger et qu'une explosion hachât des enfants dans un autobus au retour de l'école.

Pour que M. Mauriac pût jouer des grandes orgues de son talent dans sa chapelle, il fallait que fussent abattus des fidèles anonymes à la porte d'une église de la vallée du Chélif, ou que deux prêtres fussent égorgés aux confins oranais des steppes sahariennes et qu'une vieille femme fût assassinée le jour de Pâques dans un hameau de Kabylie bruissant de ce murmure d'averse qui tombe du feuillage des eucalyptus.

Car c'était cela le mécanisme de la guerre dite "révolutionnaire". C'était l'assassinat des innocents, conçu comme une technique d'alerte destinée à attirer l'attention sur les revendications politiques des assassins. Et plus le crime était monstrueux, plus l'émotion qu'il soulevait servait la monstrueuse cause.

A Boufarik, près d'Alger, officiait le docteur Rucker. Il avait été mon condisciple au lycée d'Alger; donc, celui d'Albert Camus. C'était un gentil bohème aux gestes un peu gauches, mais dont la charité était inépuisable; l'un de ces médecins algériens toujours penchés sur les humbles, pour qui la médecine était un sacerdoce. Un jour de consultation, l'un des "malades" brandit un revolver et tua le docteur Rucker de quatre balles tirées à bout portant. Le meurtre fit sensation. Fleurirent les articles condamnant le "colonialisme". Dans ces pages, on accusait la France d'entretenir en Algérie plus de gendarmes que de médecins ou instituteurs; mais les techniciens de la terreur tuaient plus de médecins que de gendarmes le premier mort de la guerre d'Algérie était justement un instituteur. Peu importait l'état des victimes! Ce qui comptait, c'était que chaque jour reçût sa fournée de morts pour que ne s'éteignît point la controverse politique. Le sang du docteur Rucker servait d'encre à Mauriac ou à Sartre, et aux procureurs de l'O.N.U.

Longtemps les Français d'Algérie avaient courbé la tête sous l'orage. Ils attendaient que leur fût rendue la justice élémentaire qui exige que soient châtiés les hommes qui attentent la vie des hommes. Au bout de cette longue patience, ils avaient découvert qu'ils étaient seuls à faire les frais du procès. C'est que la subversion avait pris soin de pourrir les esprits et l'occasion est belle d'en démontrer ici une part du mécanisme. La calomnie sur l'exploitation coloniale permettait de camoufler les crimes commis sur les innocents en une sorte de justice sommaire exercée sur des coupables. Les assassins devenaient des redresseurs de torts. Ce sera l'une des hontes de ce siècle finissant d'avoir admis comme un postulat l'idée de culpabilité collective qui a livré des foules entières aux mains des bourreaux improvisés et fait payer à des enfants les délits imputés à des sociétés.

Le docteur Jean Massonnat a été tué à Alger, au cours de cette fusillade qui a couché sur pavé tant d'Algéroises et tant d'Algérois. Il était mon ami. Comme ce mot paraît soudain démesuré, et comme, en certaines circonstances, on se sent brusquement envahi par la peur de ne pas en être digne. La dernière lettre qu'il m'avait écrite était un cri: "Non seulement, on veut nous chasser, mais on veut, encore, que nous soyons des salauds, pour que nous soit retirée jusqu'à l'espérance en un mouvement de pitié de la Métropole ...". Jean Massonnat, agenouillé sur un blessé, a été tué de trois balles tirées dans le dos par ceux que "Le Figaro" appelle "le service d'ordre"!

Pourquoi sommes-nous maudits ?

Mais à travers ces confusions, on entrevoit ce qui, jour après jour, est devenu la hantise des Français d'Afrique. Ils ont cherché à se laver de la calomnieuse accusation de "colonialisme" pour être rendus à leur état d'innocents injustement frappés et ainsi renvoyer leurs tortionnaires à leur culpabilité d'écorcheurs. C'est le sens des grandes offrandes de mai 1958: une "Nuit du 4 Août" étalée sur quinze jours de soleil dans un ressac de clameurs et de chants.

1 novembre 1.954:

Le lundi 1er Novembre, jour de la Toussaint, et le lendemain, Jour des Trépassés, ont marqué le commencement des actions meurtrières des rebelles en ALGERIE. En effet, une vague de terrorisme s'abat soudainement sur le pays, plongeant les populations dans l'étonnement, l'inquiétude et la réprobation. Trente attentats sont signalés dans le CONSTANTINOIS, en GRANDE-KABYLIE, en ORANIE et dans la ville d'ALGER (plusieurs bombes sans victimes). On signale 8 morts et de nombreux blessés. Un communiqué du Ministère de l'intérieur déclare: "Un certain nombre d'attentats ont eu lieu cette nuit en plusieurs points de l'ALGERIE. Ils sont le fait d'individus ou de petits groupes. Des mesures immédiates ont été prises par le Gouverneur général de l'ALGERIE et le Ministère de l'intérieur a mis à sa disposition des forces de police supplémentaires. Le calme le plus complet règne dans l'ensemble des populations."

Les premières victimes sont: MM. Hamed HAROUK, agent de police et son collégue Ahmed BEN AMAR, gardien suppletif (harki) du dépot de liége à DRA-EL-MIZAN; Ben Hadj SADDOK, caïd de M'CHOUNECHE; Guy MONNEROT, instituteur à TIFELFEL, originaire du LIMOUSIN; le lieutenant DARNAULT qui commandait une section de spahi au poste de KHENCHELA, dans l'AURES, deux canonniers, Pierre AUDAT du 9ème RCA et Eugéne COCHET, brigadier-chef du 4éme RA, sentinelles de garde, fusils sans munitions, à la caserne de Batna et Laurent FRANCOIS, à Cassaigne en ORANIE. Mme. MONNEROT est violée puis grièvement blessée aux côtés de son mari. Soit un premier bilan de trois militaire, un policier, un harki, trois civils, aussi trois musulmans , un pied noir, quatre métropolitains, étrange bilan pour une insurrection qui devait être le soulèvement d'un peuple entier contre l'oppression armée dont il serait opprimé.

Mais les dirigeants de la rebellion, sont découragés. Ila avaient prévu beaucoup plus, de veritables combats, la prise d'armes dans les casernes, la capture du stock d'explosif de la mine de plomb d'Ichmoul. La plupart des hommes ont eu peur devant l'énormité de la tache, ils se sont debandés, ou ont derisoirement tiré quelques coups de feu de loin vers des cibles secondaires, station service, poste de garde.

Cerains affirment qu'à ce bilan officiel il convient d'ajouter un chauffeur de taxi juif assassiné à Oran quelques minutes avant minuit, ce qui ferait de lui le premier mort de cette guerre, laurent François ayant lui été assassiné quelques minutes après minuit. Le cannonier André MARQUET, originaire du Nord, est mort à l'hopital de Batna où il a été transporté après avoir été blessé à Kenchela.

Il y a quand même une action qui ne relève pas du petit coup de main, elle concerne la petite bourgade d'Arris, dans les Aurès, où un groupe de plusieurs centaines d'hommes armés assiège la bourgade, qui ne sera dégagée que le lendemain par des renforts de troupe.

Des incendiaires tentent de mettre le feu à la maison de la radio, au central téléphonique du champs de manoeuvre, au dépot des pétroles Maury, tout ça à Alger, mais ils sont peu experimentés, ils ont peur, ils baclent, les explosifs sont de mauvaises qualité, ils ont des méches lentes anciennes, pas une de ces tentatives n'aboutit.

Plus politique ( Je pille encore une fois l'excellent Kayanakis, algérie 1.960, la victoire trahie, ISBN 3-932711-16-5): La rébellion éclate le 1er novembre 1954. Dans un premier temps, la guerre d'Algérie n'est que la guerre des rebelles face à une France dont la riposte - c'est classique en guerre révolutionnaire - est lente. En revanche à partir du moment où la France réagit, la rébellion suit une trajectoire surprenante : l'échec de ses stratégies successives sera aussi systématique que total son succès final. Les opérations se dérouleront en trois phases.

Pendant deux ans, de novembre 1954 à août 1956, triomphent terrorisme et anarchie. Le 1er novembre 1954 est un échec. Les instigateurs de l'opération avaient rêvé une flambée générale de terreur permettant la constitution en Algérie d'une base "indépendante". Les résultats sont maigres et les chefs au désespoir. Mais la passivité française laisse le champ libre à des hommes neufs qui en deux ans prendront le quasi- contrôle du bled, situation anarchique dans laquelle la terreur sur les populations, seule stratégie spontanée possible, n'en impose pas moins sa loi.

Dans un deuxième temps, ce succès conduit, au congrès de la Soummam, à partir donc d'août 1956, à lancer une structure et une stratégie de conquête. Mais la France commençait de réagir. Dès lors toutes les décisions rebelles, aussitôt prises, deviennent inapplicables; la définition de l'organisation s'accompagne de son reflux politique et militaire: la rébellion ne pourra plus constituer une force armée qu'en dehors de l'Algérie,(au Maroc et en Tunisie) tandis qu'en Algérie l'intégration politique se fera au point que l'Algérie votera en 1958 la nouvelle constitution française.

Dans un troisième temps enfin, à partir de 1960, la défaite militaire et politique totale en Algérie, manifestée par la proposition de ralliement à la France des rares forces survivant sur le territoire (affaire si Salah), sera annulée par la décision du gouvernement français de se défaire de l'Algérie entre les mains du seul F.L.N. Cette décision manifestant la rupture de l'unité de stratégie psychologique indispensable en guerre révolutionnaire, ôte tout sens à la politique de pacification cependant officiellement poursuivie et ouvre l'Algérie au F.L.N.

Et maintenant, Littéraire (de Montagnon, guerre d'algérie, ISBN 7-85-704-171-1): TIOHANIMINE : 1er NOVEMBRE 1954 De Batna, cette sous-préfecture sans grand relief du Sud Constantinois, la route goudronnée en direction de Biskra se hisse sur la combe de la Mahouna, entre les sommets de l'lchmoul et du Chélia. Longtemps avant le col, elle domine la plaine où dorment les ruines de Lambèse, le siège de la fameuse 3e légion Augusta, et de Timgad, la Pompéi africaine. Elle est maintenant dans la cuvette. Là, à plus de 1 500 mètres d'altitude, elle flâne un peu, comme pour admirer ce paysage de haute montagne. Les cèdres aux reflets bleutés s'étagent avant les crêtes pelées. De-ci de-là, des falaises rocheuses, couleur de brique cuite, lardent les pentes de murs qui ignorent les lois de la verticale. Partout s'étalent les taches jaunies du diss séché par le soleil d'été mais qui repoussera dru après les neiges de décembre et janvier. Passé l'enceinte carrée de la maison forestière de Médina, la descente s'amorce, rapide. Très vite surgit Arris avec ses demeures aux toits plats. De cette bourgade perdue la France a fait le centre administratif de l'Aurès, le pays des Chaouias, ces rudes Berbères zénètes, hostiles à toutes les pénétrations. Une gendarmerie, une commune mixte, une école, quelques habitations en "dur" témoignent de sa présence et de son action. Le long de l'artère principale, les modestes échoppes des petits boutiquiers, l'enfilade des cafés maure attestent d'autres moeurs.

A Arris, la route cède la place à la piste. Celle-ci s'enfonce dans la vallée en lacets cahoteux. Peu à peu elle efface dans le lointain la croupe du Chélia qui, avec ses 2 328mètres, règne, impérial, dans le ciel d'Algérie. Sur sa gauche elle laisse filer les lames de couteau de l'Arhane et du Zellatou. L'eau court encore dans les fonds de chabets, aussi la verdure reste-t-elle présente. Pins d'Alep et épineux se disputent les parcelles d'humus. Brutalement, l'horizon trouve écran. Une barre se dresse. Le regard un long moment cherche le passage. Le voici. Il s'ouvre là, en sifflet, faille étroite et sinueuse dans le djebel abrupt. L'oued descendu des contreforts du Chélia s'y précipite. La piste s'y faufile aussi, collée à la paroi rocheuse. Ce sont les gorges de Tighanimine. Quelques centaines de mètres de plus et le paysage bascule. Franchie la brèche, la lumière éclabousse les yeux, la couleur change. L'ocre teinté de roux noie toutes les formes. Ici commence le Sud. Ici s'ouvre la voie de l'univers saharien.

Tout a commencé là, un matin de Toussaint. En ce 1er novembre 1954, la nuit a été fraîche. La rosée matinale perle sur les hauts. Mais l'hiver n'arrive pas si tôt. Très vite, le soleil, encore chaud, fait oublier le froid nocturne. Comme chaque matin, le vieux car rafistolé qui assure la liaison Biskra-Arris laisse derrière lui son sillage poussiéreux. A M'Chounèche, peu après Biskra, dans cette palmeraie dominée par la masse austère de l'Amar Kraddou, est monté 1e caïd du lieu, Hadj Saddok. Hadj Saddok est inquiet. Il a conscience que des événements graves se préparent. Le téléphone arabe a joué. De surcroît, il vient de recevoir une proclamation nationaliste annonçant l'insurrection armée. Il a été sommé sous peine de mort, de rejoindre les rangs des combattants de l'indépendance de l'Algérie, c'est pourquoi il a décidé de porter ces papiers à l'administrateur de la commune mixte, à Arris .Le car, avec son chargement de fellahs enturbannés, poursuit sa course. Quelques palabres à Rhoufi où l'éventuel touriste, contemplant la gorge, peut à l'occasion se croire au Colorado. A Rhassira, nouvel arrêt. Là débouche la piste de Tkout, ce bordj tenu par quelques gendarmes au pied d'une falaise impressionnante. Au-delà s'étend l'immense forêt des Béni-Melloul, où la colonisation, quelle qu'elle soit, n'a pour ainsi dire jamais pénétré.

A Tifelfel - peut-on appeler l'endroit un village ? - un couple d'Européens se joint aux voyageurs jusqu'alors tous musulmans. Ils sont jeunes tous deux. M. et Mme Guy Monneret ont vingt-trois ans et vingt et un ans. Instituteurs du bled en ces fonds de l'Aurès, ils sont en Algérie depuis un mois à peine. Ils aiment leur métier. La vie en milieu indigène qu'ils ont voulue ne leur déplaît pas. Les Chaouias, devant leur dévouement et leur bonne volonté, les ont acceptés. Ils se sentent maintenant chez eux. Profitant du week-end de la Toussaint ils ont décidé de rendre visite à un collègue à Arris. Le car a repris sa route inconfortable. Il entre dans les gorges de Tighanimine. Après, il entamera sa montée sur le chef-Iieu de la commune mixte. Soudain, un groupe d'hommes barre la piste et fait signe de stopper. Les nouveaux venus ont l'air menaçant. Une veste type treillis militaire couvre les épaules de certains. Presque tous ont une arme apparente. Le chauffeur, qui est dans le secret, obtempère. Celui qui dirige l'action s'appelle Chihani Bachir et a le verbe haut. Il est l'un des adjoints de Ben Boulaïd, l'un de ces vingt-deux Algériens qui, trois mois plus tôt, à Alger, ont décidé la révolte armée contre la France. La scène va se jouer très vite.

Chihani Bachir ordonne aux Monneret de descendre. Le caïd s'interpose.- Vous ne pouvez pas assassiner ces jeunes gens qui sont venus de France pour instruire nos gosses !- On s'en fout, notre civilisation c'est le Coran, pas celle de ces chiens de roumis !Devant la tournure de la discussion, Hadj Saddok, méprisant ceux qu'il appelle des "bandits", tente de sortir son revolver. Shaibi Mohamed, un des hommes de Chihani, devance son geste. La rafale de sa Sten, l'unique pistolet mitrailleur du groupe, abat le caïd et l'instituteur. Mme Monneret, violentée puis à qui une balle est tirée dans la tête, est laissée pour morte. Leur agression terminée, les assaillants s'éloignent dans la montagne. Deux hommes agonisent, un musulman, un Européen. Mme Monneret survivra par miracle. Du commando, la majeure partie sera décimée dans les mois à venir. Chihani Bachir, pour sa part, devenu le patron des Aurès Nementchas après la mort de Ben Boulaïd, sera exécuté par ses frères d'armes, victime des rivalités et des dissensions internes de la rébellion.

Je ne peux pas copier Courriére, il me ferait un procès, mais ce chantre du politiquement correct (c'est à dire ici partisan du F.L.N.) raconte comment de nobles révolutionnaires, à la recherche de leur identité, avaient barré la route par gaminerie. Comment surpris de voir des européens dans le car ils leur avaient demandé de descendre pour mieux les examiner. Comment le caïd dans un geste de provocation aussi ignoble que sournois avait dégainé son arme. Comment par un miracle dû à Allah l'arme de Shaibi (on sait que les sten partent pour un rien) toucha le caïd et par malheur, l'instituteur. Comment pris de panique le chauffeur du car s'enfuit laissant là les deux hommes agonisant alors que les vaillants F.L.N. auraient souhaité les accompagner à l'hôpital. J'ai oublié par quelle nouvelle malchance, madame Monneret prit une balle dans la tête, mais si on trouva du sperme dans/sur elle ce furent des inconnus et pas nos vaillants combattants. Bref un conte des mille et une nuit, et mirages orientaux, comme d'hab.

C'est à l'initiative de l'ethnologue pied noir Jean Servier, grand specialiste des chaouias que furent organisés les secours, et que madame Monneret ne deceda que quarante ans plus tard.

La mort de françois Laurent, premier pied noir à être assassiné, et premier assassiné (vers une heure du matin) est emblématique : revenant en quatre chevaux avec un ami âgé comme lui de 20 ans d'un bal à Mostaganem, ils sont arrêtés sur la route par un gérant de propriété qui réclame du secours, sa ferme est attaquée par un groupe de bandits qui veulent la brûler. Des coups de fusil de chasse éclatent, le gérant se sauve dans la campagne, les deux amis remontent dans leur voiture au pare brise éclaté, ils se précipitent à la gendarmerie de Cassaigne pour donner l'alerte.

C'est devant la porte de la gendarmerie où il frappe et sonne et qui ne s'ouvre pas, comme plus tard manquera le soutien des autorités aux pieds noirs, qu'un groupe FLN mieux armé et plus déterminé qui voulait enlever la gendarmerie pour récupérer son armement assassine Laurent de plusieurs balles dans le dos. Son compagnon est miraculeusement manqué par les assaillants qui s'enfuient, leur coup manqué. Les gendarmes vont bien.

A cette date, le général Cherrière ne dispose que de 58000 fantassins, dont 14000 opérationnels (les autres à l'instruction …) 8700 aviateurs avec 54 avions, des chasseurs et des bombardiers, 0 hélicoptères. 90000 hommes sont stationnés au Maroc ou en Tunisie.

Au Caire, à 18 heures, "la voix des arabes" sous contrôle direct du raïs gamal abdel nasser déclare: "L'algérie a aujourd'hui loyalement repris la voie de l'arabisme. L'algérie a engagé aujourd'hui une lutte grandiose pour la liberté, l'arabisme et l'islam! Aujourd'hui, 5ème jour du mois de Rabii 1er de l'année 1374 correspondant au 1er novembre 1954, à 1 heure du matin l'algérie a commencé à vivre une vie honorable. Aujourd'hui, une puissante élite d'enfants libres de l'algérie a declenché l'insurrection de la liberté algerienne contre l'imperialisme français tyrannique en afrique du nord."

Un peu plus tard, un organisme inconnu, le F.L.N. diffuse dans la nuit du premier au 2 à tous les journaux français un communiqué où l'on peut lire qu'ils ont engagé la guerre pour :"l'independance nationale par la restauration de l'état algérien souverain, démocratique et social, dans le cadre des principes islamiques (...) ils proposent une plate forme honorable de discussion (...) sur les bases de la reconnaissance de la souveraineté algérienne une et indivisible."

Une vision du MNA: Dans les wilayas 5 (Oranie) et 2 (Nord Constantinois), les résultats sont minces et très en deçà des objectifs fixés, pourtant modestes. Dans la wilaya 4 (Algérois), la seule action sérieuse est l'attaque de la caserne de Boufarik, menée par Ouamrane. Au total, dans les trois wilayas dirigées par les adjoints de Boudiaf à l'OS: Mourad Didouche, Rabah Bitat et Larbi Ben M'hidi, les actions improvisées et bricolées, avec des effectifs limités, mal armés et inexpérimentés, sans le soutien de la populations et du MTLD, ont créé une émotion, mais pas la dynamique révolutionnaire escomptée. Un mois plus tard, Bitat se cache dans la montagne de Chréa avant de se réfugier avec Ouamrane à Alger où le FLN n'existe plus.

En Oranie, les 38 membres qui ont participé aux actions de la Toussaint, seront arrêtés avec l'aide des felllahs et "quinze jours après l'insurrection, le mouvement n'était plus qu'un souvenir. (Courriere)" L'action du CRUA rééditait l'aventure de la poste d'Oran: même improvisation, même action menée en dehors du parti et mêmes résultats désastreux.

En Kabylie (wilaya 3), les résultats ne sont pas négligeables. Mais les actions, lancées par quelques maquisards, ont empêché la généralisation de l'insurrection dans la région. Pire encore, Krim Belkacem et son adjoint Ali Zamoum doivent s'enfoncer dans les régions les plus reculées de la Kabylie, car la population leur est hostile (courriere.

Il en va autrement dans les Aurès-Nementchas (wilaya 1). Ben Boulaïd s'est engagé dans le CRUA pour obtenir les armes de Nasser, promises par Boudiaf. Mais il est resté le membre du Comité central du MTLD, chargé par le Congrès de 1953 de réorganiser l'OS, sous la direction de Messali. Il a d'ailleurs rencontré le chef national à Niort et il considère, comme lui, que la lutte armée doit mener à la solution du problème algérien défendue depuis l'Étoile: l'Assemblée constituante souuveraine. Quand il s'engage dans l'action, Ben Boulaïd agit en dirigeant politique et non en desesperado. Avec lui, tous les militants deviennent des djounouds (soldats de l'ALN) ou des fidaïs (hommes chargés du ravitaillement et du renseignement. Le 1er novembre, ce n'est pas un réseau clandestin mais tout le MTLD des Aurès Nementchas, formellement rattaché par ses chefs au CRUA, qui entre dans l'action, avec ses militants, ses structures, ses réseaux et ses sympathisants. Cela explique l'importance des effectifs engagés (près de 500 combattants), l'armement varié (carabines Statti, fusils Garant, Mauser) mais abondant et les uniformes portés par tous les combattants; le choix des objectifs d'un intérêt militaire certain, les casernes, les postes de gendarmerie, le sabotage des ponts et des gares, dans les trois villes entourant le massif des Aurès: Biskra, Batna et Khennchella, où d'actifs comités pour la libération de Messali existaient; les méthodes employées: encerclement des villes (Arris), entrée des rebelles en uniforme et à bord de camions à Batna, patrouilles à Khenchella, etc.; la distribution à tous les combattants d'une effigie de Messali Hadj pour signifier que c'est le parti qui s'engageait dans la lutte armée pour réaliser le seul programme que tous connaissaient: celui du PPA. Dans cette région, la présence de Messali est très forte, pour deux raisons: il a longtemps séjourné au bagne de Lambèse et son martyr l'a transformé en un personnage de légende; il a vécu en résidence forcée à Chellala et des milliers d'Algériens lui ont rendu visite, l'ont vu, l'ont entendu et ont capté sa baraka. Dans cette région berbère, maillée par un islam confrérique, Messali Hadj est perçu comme le guide, le Zaïm du pays.

À la différence de Boudiaf et de Didouche, Ben Boulaïd et son adjoint, Chihani Bachir s'engagent réellement dans la guerre de libération en s'appuyant sur le parti reconstitué après Hornu dans tout le Constantinois et en mobilisant les masses, dans les villes où se trouvaient les militants les plus conscients. C'est pourquoi ils ne se terrent pas dans les forêts, mais cherchent à établir des liaisons avec les groupes armés établis par le CNRA depuis août dans le Hodna, le Constantinois et les Kabylies, dans le but de créer une Armée de libération (ALN), ouverte à tous les "patriotes".

De façon non formelle, mais réelle, Ben Boulaïd réalise le programme de l'insurrection généralisée, mis au point en 1951 par Aït Ahmed et Messali Hadj pour reconstruire la seconde OS. En appliquant cette stratégie, il a créé une dynamique révolutionnaire dans tout le Massif des Aurès.

"L'immigration algérienne en France des origines à l'indépendance" (en fait une hagiographie du MNA et de Messali, par Jacques Simon, ISBN 2-84272-082-2

synthese:

La rébellion qui s'amorce le 1er novembre 1954 débute avec bien peu de moyens. Si peu que, raisonnablement, elle n'a guère d'espérances, et moins encore de probabilités de parvenir à ses fins, qu'on en juge: quelques centaines de mauvais fusils, autant de combattants cantonnés dans le massif des Aurès pour la plus grande part, et pour le reste dans celui de la Grande Kabylie; une population algérienne massivement indifférente et - de l'aveu des chefs de la conjuration - non éveillée à l'idée nationale; enfin une opinion mondiale étrangère au problème.

On trouve l'écho de cette indigence dans le texte même de la Proclamation solennelle du F.L.N. en date de ce 1er novembre 1954 (ICI): "Notre mouvement national, privé du soutien indispensable de l'opinion populaire, etc." et plus loin au chapitre des moyens de lutte: "le F.L.N. aura deux tâches essentielles ( ... ) : une action intérieure ( ... ) et une action, extérieure en vue de faire du problème algérien une réalité pour le monde... "

Et pourtant, sept ans et demi plus tard ...

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Message le Mar 4 Sep 2018 - 8:42 par Vent du sud

Lorsqu'on tente d'embrasser le conflit algérien dans son ensemble, on constate qu'après un démarrage rapide le combat mené par le F.L.N., sur le plan politico-militaire où il se situe lui-même initialement, atteint une sorte d'apogée vers la fin de 1956, puis décline, passant par un premier point bas début 1958, tombant encore jusqu'à son point le plus bas au milieu de 1960, pour remonter ensuite mais sur un autre plan, purement politique celui-là, jusqu'au succès définitif de 1962.

Entre temps deux seuils ont été franchis que le F.L.N. n'a ni voulus ni directement provoqués, deux dates dont chacune marque une modification profonde des données du conflit: 13 mai 1958, 16 septembre 1959.

Entre temps aussi, le F.L.N. a transformé sa stratégie, abandonnant tout ce qu'il y avait d'erroné dans sa conception première de la lutte et adaptant son combat, avec réalisme, aux données nouvelles. C'est ainsi que l'aspect politique du conflit a pris le pas sur l'aspect militaire et que des facteurs étrangers au F.L.N. ont finalement suppléé aux défaillances de ses moyens propres.

Mais le F.L.N. n'a pas changé un iota à ses objectifs.

Dès le commencement ceux-ci ont été clairement formulés et proclamés. Ils ont été intégralement maintenus tout au long du conflit, un à un approchés dans la phase terminale et pleinement atteints pour finir.

Cette rigueur initiale, cette constance dans l'intention dernière, stratégique, cette souplesse réaliste quant aux moyens tactiques sont parmi les facteurs déterminants de la victoire finalement remportée par le F.L.N. Mais ils n'y ont pas suffi.

Novembre 1954 à mai 1958: ces trois ans et demi forment la première tranche du conflit. C'est la période pendant laquelle le F.L.N. se définit à lui-même, accomplit sa croissance et prend la mesure de ses possibilités, - et au terme de laquelle le centre de gravité de la lutte hésite à passer de "l'intérieur" à "l'extérieur".

Quant à ces deux termes, précisons sans plus attendre qu'il s'agit-là d'un concept dû au F.L.N. et correspondant aux réalités pratiques:

- "l'intérieur", c'est l'Algérie, son territoire, ses données humaines, opérationnelles, politiques ;

- "l'extérieur", c'est tout le reste: suivant le cas il s'agira soit (militairement parlant) des simples franges frontalières marocaine et tunisienne, bases de l'A.L.N. "extérieure", soit de l'appareil politico-administratif du F.L.N. à l'étranger, soit encore du contexte international, en y incluant les données de la politique française.

Ces trois ans et demi sont, pour l'essentiel, la période où l'initiative est entre les mains du F.L.N.

Tout d'abord le spectacle est à l'intérieur: l'insurrection déclenchée s'étend progressivement aux quatre coins du territoire, la France sur la défensive prend des mesures militaires. Simultanément, les insurgés définissent en deux textes fondamentaux ce qu'est le F.L.N., quels sont ses buts et comment il pense les atteindre. Lorsque débute l'année 1957, le problème de l'indépendance algérienne se trouve posé à l'opinion: voilà acquis un premier résultat essentiel. Mais pendant cette même année les moyens mis en oeuvre à l'intérieur, se heurtant aux obstacles naturels et aux parades que leur oppose la défense française, atteignent bien que multipliés les limites de leurs possibilités propres. Et dès lors, c'est ailleurs que le F.L.N. va chercher sa survie - tant il est conscient que tout "mouvement" qui ne progresse pas décline -. Les coulisses parisiennes, la scène mondiale sont appelées à prendre le relais du théâtre algérien. En fin de période, à la veille du "13 Mai", une vérité commencera à se faire jour: c'est que le problème posé à l'intérieur et par les moyens de l'intérieur, c'est à l'extérieur qu'il faudra en rechercher la solution et grâce à l'extérieur que le F.L.N. l'atteindra - à moins d'échouer, sans recours -.

"Autopsie de la guerre d'algérie" de Philippe Tripier, éditions France-empire, 1972.

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Message le Mar 4 Sep 2018 - 23:57 par Vent du sud



2 Novembre 1954:

Rien. (en fait agitation politicienne).

Personne ne mesure vraiment ce qui se passe, le gouverneur général Léonard donne ses instructions au général comandant en chef la dixième région militaire (l'algérie) (Cherrière) : "il lui faut prêter le concours des troupes nécessaires pour rétablir l'ordre dans les Aurès ".

Mendès France, premier ministre, transfère 10 bataillons en algérie, avec ordre de "ne s'engager qu'à la demande des autorités civiles". Mitterand, ministre de l'intérieur, affirme à la radio (à l'époque, pas de télé): "l'Algérie c'est la France, et la France ne reconnaîtra pas chez elle d'autre autorité que la sienne."

Le congrès de la Fédération de l'Education Nationale, syndicat unique et très puissant, dirigé par Forestier, "proteste contre l'envoi de renforts en, Tunisie et la poursuite de la répression au Maroc" et "la suppression des trois pseudos-départements d'algérie, l'élection au suffrage universel d'une assemblée constituante algérienne, (...) l'expropriation des grands colons français, la remise de la terre aux fellahs, la nationalisation des industries".





Le paquebot " Ville d'Oran " avec lequel Roger Léonard est arrivé en Algérie en 1951 au poste de gouverneur général.

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Message le Mer 5 Sep 2018 - 21:25 par Vent du sud

3 Novembre 1954:

Jean SERVIER. Ethnologue, spécialiste du monde berbère, J. Servier se trouve le 31 octobre à Arris. Le 1er novembre, il se porte au secours de Madame Monnerot, blessée, dans les gorges de Tighanimine.

Il raconte dans Le Figaro Magazine du 29 octobre 1994.
"A Arris, il règne un certain désordre. L'administrateur craint une attaque de la ville, mais ne sait pas trop quoi faire. Des fusils mitrailleurs ont été installés sur les toits, conformément au plan de défense qui date de la deuxième Guerre mondiale et qui a été établi en prévision d'une attaque aérienne! Plus grave, selon moi: il a armé tous les Européens.

Comme je suis officier de réserve, il accepte volontiers de me laisser le commandement des opérations. Je fais immédiatement rassembler les Européens à qui je demande de déposer les armes. Puis je sollicite une rencontre avec l'agha Merchi et lui propose de participer à la défense d'Arris. Il donne son accord et je fais distribuer les armes aux Touabas, sous les injures des Européens. En agissant ainsi, j'évitais des représailles éventuelles de la part de la population européenne et j'indiquais aux populations locales que les Français ne les confondaient pas avec les "hors-la-loi" du F.L.N. La défense du bourg s'est organisée et j'ai même lancé quelques sorties nocturnes hors de la ville où nous nous sommes accrochés plusieurs fois avec les fellaghas.

Nous avons tenu seuls pendant trois semaines, jusqu'à l'arrivée des gardes mobiles et des troupes du 11ème Choc".





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Message le Jeu 6 Sep 2018 - 21:35 par Vent du sud



4 Novembre 1954:
Encouragés par leur premier succès, les bandits de l'Aurès attaquent le village de Foum-Toub près d'Arris. Le caïd Maoui et ses hommes défendent les villages, les rebelles se retirent avec des pertes.




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Fichiers joints
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Message le Ven 7 Sep 2018 - 21:16 par LANG

Je lis avec beaucoup d'intérêt cette rubrique qui est très dense et qui n'est pas sans évoquer des souvenirs particulièrement pénibles pour certains.
J'essaye d'en ressortir des informations qui nous ont peut-être manquées à l'époque.
Peut importe "l'orientation" du rédacteur d'origine. Ce qui est important ce sont les informations qu'il donne.

Au 4 novembre 1954, je ne peux pas m'empêcher de reprendre ce qui avait été écrit quelques lignes plus haut :
"Synthese:
La rébellion qui s'amorce le 1er novembre 1954 débute avec bien peu de moyens. Si peu que, raisonnablement, elle n'a guère d'espérances, et moins encore de probabilités de parvenir à ses fins, qu'on en juge: quelques centaines de mauvais fusils, autant de combattants cantonnés dans le massif des Aurès pour la plus grande part, et pour le reste dans celui de la Grande Kabylie; une population algérienne massivement indifférente et - de l'aveu des chefs de la conjuration - non éveillée à l'idée nationale; enfin une opinion mondiale étrangère au problème
.

Beaucoup de conflits, de guerres civiles, de révolutions, de querelles de familles ont commencé de la même manière. Comme des lames de fond avec des "gens" qui se promènent tranquillement sur la plage...

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Message le Ven 7 Sep 2018 - 22:09 par Vent du sud

5 Novembre 1954:

Rafles dans les milieux nationalistes, en particulier du MTLD, qui est dissous. (bien qu'on sache que ce sont les gens du FLN et les centralistes, dissidents du MTLD qui sont à l'origine des troubles du premier novembre).

Messali est incarcéré à Chantilly. Les politiques ont enlevés des listes les gens trop connus et les sous fifres. Quant aux vrais militants ils ont déjà pris le maquis, soit physiquement, soit dans des caches ménagées dans les villes.

La rafle a quand même permis de récupérer 47 armes, 490 engins explosifs, 1112 détonateurs.
Ferhat Abbas se démarque de la rébellion: "j'invite toutes les populations à garder leur sang-froid et à éviter de céder à la panique et à la passion".

Chevallier, élu maire d'Alger par la collusion des Messalistes et de Blachette, roi de l'alfa et maître du "journal d'Alger", libéral, proteste avec vigueur contre ces arrestations, "victimes d'une machination policière montée par l'autre magnat d'Alger, Borgeaud".
Il fera libérer tout le monde, et muter treize des commissaires des renseignements généraux.

Belkacem racontera après la guerre que "cette rafle nous a privé de nombreuses collaborations.
Il nous a fallu attendre la libération des internés pour reconstituer nos réseaux urbains. Sauf dans les Aurès et en Kabylie, nous ne reprendrons notre élan qu'après le 20 Août 1955 (les massacres d'el halia par le F.L.N.)" Trois journaux nationalistes sont saisis.

Depuis la Syrie, le cheikh Sabal, leader des frères musulmans (les islamistes de l'époque) lance par radio un appel à la violence et à la révolte, et déclare la guerre sainte.


Le Maire Jacques Chevallier, Guy Mollet.




Destin exceptionnel que celui de cet homme qui, à onze ans, débarque à Alger avec sa mère, américaine de Louisiane, et son père, descendant de Français installés en Algérie depuis deux générations. Plus jeune maire de France en 1941, honorable correspondant des services secrets du général de Gaulle à Washington en 1944, il est élu triomphalement député, puis maire d’Alger, avant d’être appelé au gouvernement par Pierre Mendès France.

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Message le Dim 9 Sep 2018 - 8:04 par Vent du sud


6 Novembre 1954:

Deux cargos soupçonnés de porter des armes arraisonnés.
Trois compagnies de CRS envoyées en algérie.
Un chauffeur de car assassiné dans les Aurès.
Sur suggestion du prefet Vaujour, le gouverneur Leonard soumet à Mitterand, ministre de l'intérieur, l'idée d'une création d'un corps spécial réservé aux musulmans.
Le 12 janvier 1955 (beautés des décisions administratives...) Mitterand ordonne la création d'un corps de Goumiers, à l'imitation des goums marocains. Il s'agit de 30 goums de cent hommes chacun, constitués par tiers d'une section à cheval, d'une section à pied et d'une section portée, et aussi, toujours par tiers, de locaux, de voisins et d'hommes provenant d'une toute autre région. Ces troupes sont le noyaux des GMS.
Par ailleurs c'est aussi en Novembre, en réaction aux exactions du premier, que l'Agha Merchi, des Aït Daoud, faction des Touabas, crée la première harka, de 50 fusils , trés spécialement destinée à lutter contre une autre faction des mêmes Touabas, dirigée par le rebelle ben Boulaïd. (il s'agit de pérenniser les mesures d'urgence prises par Servier à Arris)
Resurgence des vieilles luttes entre factions...

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L'ancien préfet Jean Vaujour, l'un des derniers grands témoins du déclenchement de l'insurrection algérienne à la Toussaint 1954 alors qu'il était directeur de la Sûreté générale à Alger, est décédé le 28 mars 2010 à l'âge de 95 ans, a annoncé sa famille.

Jean Vaujour avait témoigné dans un livre intitulé "De la révolte à la révolution" (Albin Michel, 1985) de l'"immobilisme" du gouvernement qui ne prêtait pas une attention suffisante à ses rapports alarmistes. Il avait en effet infiltré le mouvement nationaliste algérien en 1954, année du déclenchement de l'insurrection (1er novembre), avertissant régulièrement le gouvernement de l'imminence de troubles.

Comme Paul Delouvrier dont il fut un collaborateur proche dans les années 60, Jean Vaujour était né en 1914, le 27 octobre à Tulle. En 1937, il est reçu à l'examen de chef de cabinet de préfet et commence sa carrière dans l'administration préfectorale. En 1942, il s'engage dans les Forces Françaises de l'Intérieur (FFI), assurant le départ pour Londres des personnalités qui rejoignent la France Libre.

Il gagnera à son tour Alger après un internement en Espagne en juin 1944.A La Libération, il travaille avec Henri Queuille. Sous-préfet de Mulhouse, il est ensuite nommé directeur de la Sûreté générale en Algérie en juin 1953. A ce poste qu'il occupera jusqu'en juillet 1955, il sera un témoin privilégié du début de la guerre d'Algérie (1954-1962).Dans des entretiens réalisés en 2000 pour le Service historique de l'armée de terre, Jean Vaujour avait notamment affirmé que la poursuite de la guerre d'Algérie était due à la volonté du général de Gaulle d'effectuer des essais nucléaires à Reggane dans la Sahara algérien (premier tir le 13 février 1960),

pour doter la France de l'arme nucléaire.Après un retour à Paris, comme conseiller technique au cabinet du ministre de l'Algérie (1955), M. Vaujour sera directeur général de la Sonacotra durant près de trois ans avant de revenir à Alger quelques mois en 1960 comme directeur du cabinet civil et militaire de M. Delouvrier, délégué général du gouvernement en Algérie.M. Vaujour avait terminé sa carrière administrative comme préfet de Seine-et-Marne en 1969 avant de rejoindre l'industrie privée.

Commandeur de la Légion d'honneur, M. Vaujour était titulaire de la Croix de guerre 39-45 et de la Médaille de la Résistance.

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Message le Dim 9 Sep 2018 - 16:27 par LANG

A propos de Jean Vaujour



"Il avait en effet infiltré le mouvement nationaliste algérien en 1954"

et les bombes d'Alger ont été fabriquées selon ses indications !
Extrait de l’interview par L’Express du 27 octobre 1994.
"...
- De quelles informations précises disposiez-vous alors?
- Un de mes commissaires manipulait un membre du groupe de la Casbah. Vers le 15 octobre, notre informateur, ancien artificier de l'armée française, nous signale: "On me demande de fabriquer des bombes, que dois-je faire?" La femme de mon commissaire était pharmacienne; je lui ai demandé de trouver un produit capable de faire beaucoup de bruit, mais peu de mal. Elle a préconisé le chlorate de potasse. Une centaine de bombes ont été ainsi confectionnées, à base de petites boîtes d'Esso (un peu comme les boîtes de Coca d'aujourd'hui), avec du chlorate de potasse!
- Les bombes d'Alger ont été fabriquées selon vos indications!
- J'ai même sorti 2 000 francs de mon portefeuille pour acheter le chlorate de potasse! De fait, les bombes qui exploseront le 1er novembre feront peu de dégâts, sauf à un endroit, à Baba Ali, où elles provoqueront l'incendie d'un stock d'alfa.
..."


Article complet sur : https://www.lexpress.fr/informations/alger-1er-novembre-1954-0-h-50-l-express-va-plus-loin-avec-jean-vaujour_600194.html

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Message le Dim 9 Sep 2018 - 22:55 par Vent du sud

07 novembre 1954

Rien

8 Novembre 1954:

Servier (dans les Aurés sur les pas des rebelles) raconte:
Lorsque la révolte de l'Aurès a éclaté, nous étions à nous poser la question: mouvement nationaliste ? Un vieil homme nous fournit la réponse:

Croyez-vous que dans les Djemâa et les assemblées de notables, ces petits jeunes gens venus des villes, étriqués dans leurs costumes français, puissent se faire entendre ?
Croyez-vous que le fils d'un homme sans terre, même s'il parle comme un avocat, pourra décider d'une chose aussi grave que la Guerre Sainte ?



Aurès les gorges de tighanimine




La culture berbère
Jean Servier est un des meilleurs connaisseurs de la civilisation berbère, qu'il a mise en valeur après l'avoir étudiée sur le terrain de 1949 à 19552.

La guerre d'Algérie
Il est présent à Arris, chef-lieu de la commune mixte de l'Aurès, le 1er novembre 1954, jour de la « Toussaint rouge », alors que la ville est mise en état de défense contre l'insurrection qui a été lancée pendant la nuit ; apprenant l'attaque qu'a subie l'autocar Biskra-Arris dans les gorges de Tighanimine (à 18 km), il se porte au secours de Guy et Jacqueline Monnerot, laissés blessés au bord de la route3.

Par la suite, il s'engage pour la défense de l'Algérie française.

Un chercheur éclectique
Adoptant une méthode d'ethnologie comparée ouverte à l'histoire des idées, il s'est intéressé à de très nombreux sujets, incluant l'utopie ou l'ésotérisme, mais aussi l'Antiquité méditerranéenne et l'Algérie. Il travaillait à la fin de sa vie à l'étude des traditions orales d'Israël1.

Il fut aussi un ésotériste et un franc-maçon, membre de la Grande Loge nationale française à la loge "Les forges d'Hiram", titre de l'un de ses ouvrages4. Critique de la dérive rationaliste et politique de la franc-maçonnerie française contemporaine, il a fait une tentative, en 1973, de re-fondation -avec l'ethnologue Gilbert Durand- d'une loge maçonnique traditionnelle, Les Trois Mortiers de Chambéry, qui avait été au XVIIIème siècle une institution typique de la Savoie, et dont avait fait partie Joseph de Maistre (1753-1821)5.

Il a aussi été membre du Suprême Conseil martiniste, aux côtés de Robert Amadou et de Serge Hutin .


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Message le Lun 10 Sep 2018 - 20:00 par Vent du sud


9 Novembre 1954

-Monsieur Mollawi, ancien lieutenant de l'armée d'Italie, médaillé militaire, croix de guerre six citations nommé caïd en remplacement du caïd Sadok, assassiné. le premier novembre. Sadok et Monneret sont décorés à titre posthume.

-Les anciens combattants défilent dans toute l'algérie pour manifester leur dégoût des attentats. Le FLN en fera une cible privilégiée.

-Des armes sont saisies dans un paquebot arrivant à Alger.


10 Novembre 1954
Rien.

 11 Novembre 1954
Rien.



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Message le Lun 10 Sep 2018 - 21:20 par LANG

11 novembre 1954 : Rien

Il y avait quand même les "actualités" pour ceux qui allaient au cinéma !

Suivies des publicité de "Jean Mineur" avant le dessin animé tant attendu ...

https://www.ina.fr/video/AFE86003436

Il faut attendre la fin avant de voir... des images du Vietnam (!) et de l'Algérie...

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Message le Mar 11 Sep 2018 - 23:40 par Vent du sud


12 Novembre 1954:

Les gendarmes sur renseignements rejoignent la petite bande qui a assassiné les Monneret. Ils en tuent quatre, les autres s'échappent.



L'ambassadeur de France en Egypte remet une mise en garde "le gouvernement du Caire doit mesurer ses responsabilités, car les émissions de sa radio encouragent au meurtre des français."

En ce 12 novembre, le gouvernement Mendés France planche sur les événements d'Algérie à l'assemblée nationale. D'une voix ferme, il déclare aux députés: "Il n 'y aura de la part du gouvernement ni hésitation, ni atermoiement, ni demi-mesure dans les dispositions qu'il prendra pour assurer la sécurité et le respect de la loi.
Il n'y aura aucun ménagement contre la sédition, aucun compromis avec elle, chacun ici et là-bas doit le savoir. A la volonté criminelle de quelques hommes doit répondre une répression sans faiblesse car elle est sans injustice.

On ne transige pas lorsqu'il s'agit de défendre la paix intérieure de la nation, l'unité, l'intégrité de la République. Les départements d'Algérie constituent une partie de la République française. Ils sont français depuis longtemps et d'une manière irrévocable.

Leurs populations qui jouissent de la citoyenneté française et sont représentées au Parlement ont d'ailleurs donné dans la paix, comme autrefois dans la guerre, assez de preuves de leur attachement à la France pour que la France, à son tour, ne laisse pas mettre en cause cette unité.
Entre elles et la métropole, il n'y a pas de sécession concevable. Jamais la France, aucun gouvernement, aucun Parlement français, quelles qu'en soient d'ailleurs les tendances particulières, ne cédera sur ce principe fondamental!"

"J'affirme qu'aucune comparaison avec la Tunisie ou le Maroc n'est plus fausse, plus dangereuse. Ici, c'est la France. "

Prenant le relais du président du Conseil, François Mitterrand, ministre de l'intérieur, renchérit: "Faut-il que l'Algérie ferme la boucle de cette ceinture du monde en révolte depuis quinze ans contre les nations qui prétendaient les tenir en tutelle? Eh bien! non, cela ne sera pas, parce qu'il se trouve que l'Algérie, c'est la France, parce qu'il se trouve que les départements de l'Algérie sont des départements de la République française"

Et devant la commission de l'intérieur: "L'action des fellaghas ne permet pas de concevoir en quelque forme que ce soit, une négociation. Elle ne peut trouver qu'une forme terminale, la guerre."

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Message le Mer 12 Sep 2018 - 9:17 par LANG

Pour compléter cette chronique, il m’a paru intéressant  d’y rajouter un extrait d’un livre écrit par un américain.
Un éclairage donné par un « Audit » extérieur…

Extrait de « Les Etats Unis et la guerre d’Algérie »  par Irwin M. Wall. Editions Soleb

« …Le déclenchement de la rébellion, le 1er novembre 1954, fut cependant une surprise pour Washington
comme pour Paris. Par ailleurs les Américains n’avaient jamais compris
à quel point le sentiment qu’avait la France d’être une grande puissance était
lié à son empire colonial. La « vraie France » était une nation entourée de ses
possessions coloniales qui avaient adopté sa culture et sa civilisation
. Entre 1880
et 1895, elle avait conquis, en Afrique et en Asie, des territoires s’étendant sur
près de 10 000 000 de km2 et comprenant de 50 à 55 millions d’habitants, base
du mythe des cent millions de Français. En 1954, l’ensemble de la classe politique
française était d’accord sur la nécessité de conserver l’Algérie à la France,
conviction partagée par la plus grande partie de l’opinion publique.

........
Ni Messali Hadj ni Ferhat Abbas ne se trouvaient derrière l’insurrection
de la Toussaint 1954 et la rébellion de grande ampleur à laquelle elle
conduisit l’année suivante. Leurs deux mouvements furent rapidement éclipsés
par la direction plus radicale du FLN d’Ahmed Ben Bella et Belkacem Krim. .. «

…On estime qu’au tout début de la guerre, les rebelles étaient environ 700, avec peut-être une arme pour deux.
Mais, avec la réussite spectaculaire des premières actions et la répression qu’elles
avaient déclenchée, les rangs des rebelles grossirent rapidement. D’autant plus
que le FLN s’imposait aussi aux musulmans par la violence, notamment par
l’assassinat sélectif de « collaborateurs »…

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Message le Jeu 13 Sep 2018 - 7:31 par Vent du sud



13 Novembre 1954:
Rien.

14 Novembre 1954:
Un groupe de rebelles armés attaque le village de Pasteur, ils sont repoussés par les gendarmes et la population.

Un train de marchandise se dirigeant vers Tunis déraille à la suite d'un sabotage des voies.

PASTEUR
UN VILLAGE EN ALGÉRIE
Dans le département de Constantine, à l'Ouest et au Nord do Batna, s'élève un massif de montagnes, dont le point culminant, le Djebcl-Touggour, atteint 2,100 mètres.
En partie couvertes de forêts do chênes, de cèdres, de genévriers, elles laissent échapper de leurs flancs des sources assez abondantes; à leurs pieds, au Nord et à l'Ouest s'étendent les belles plaines de Zana, de Sériana et du Bellezma", riches terrains de culture et de pâturage.
C'est sur le penchant septentrional de ce massif, à vingt-six kilomètres de Batna, qu'est situé le village français auquel une décision du Gouverneur général de l'Algérie a donné le nom de Pasteur.
Le plateau qu'il occupe s'incline doucement vers une vaste plaine, — celle de Sériana, — au Nord et Nord-Est. L'horizon est fermé de ce côté par une chaîne de sommets nus et gris, parmi lesquels se dresse, à trente-cinq kilomètres de Pasteur, le mont Nif-Enser.

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Message le Ven 14 Sep 2018 - 8:40 par Vent du sud


15 Novembre 1954:
Rien.

 16 Novembre 1954:
Rien.

17 Novembre 1954:
Suppression "à titre provisoire" de certains trains de nuit en Algérie.
Déraillement par sabotage de la voie du train 6 254, Duvivier Souk Ahras au P.K. 74,




- DUVIVIER -


- SOUK ARHAS -

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Message le Sam 15 Sep 2018 - 1:08 par Vent du sud


18 Novembre 1954:

Le jeune et ambitieux ministre de l'intérieur du gouvernement Mendés France, François Mitterand, expose au sénat que la situation est bien en main et que les rebelles seront impitoyablement éradiqués.

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Message le Dim 16 Sep 2018 - 9:51 par Vent du sud

19 Novembre 1954:

Première intervention de l'aviation, dans les Aurès. Le gouverneur général, Leonard, socialiste, expose que ces mitraillages s'attaquent aux bandes rebelles et que les populations ne seront pas mitraillées.

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LEONARD (Joseph, Etienne, Roger)
Préfet de police
Né le 27 avril 1898 à Bordeaux (Gironde). Décédé le 17 juin 1987 à Paris 3ème.
Père universitaire.
Etudes au lycée et à la faculté des lettres de Bordeaux, aux facultés de droit de Bordeaux et Paris, à l’école libre des sciences politiques.



Licencié ès lettres (29 juin 1917) et en droit (6 juillet 1920). Mobilisé du 16 avril 1917 au 24 octobre 1919.

Chef de cabinet du préfet de la Gironde (15 décembre 1921).
Chef du secrétariat particulier du ministre de la Guerre, le général Nollet (juin 1924).
Sous-préfet de Blaye (11 octobre 1924).
En disponibilité à sa demande (15 novembre 1924).
Chef adjoint de cabinet du ministre du Commerce et de l’Industrie, C. Chaumet (18 avril 1925).
Détaché à la présidence du Conseil, sous-chef de bureau à la direction générale des services d’Alsace et de Lorraine (7 septembre 1926).
Chef de bureau (16 juillet 1927).
Sous-préfet d’Haguenau (27 mai 1930, mais maintenu en service détaché à la direction générale) Détachement renouvelé le 29 septembre 1930.
Sous-préfet de Thionville  (19 mai 1934). Maître des requêtes au conseil d’Etat (3 février 1938).
Directeur du contentieux de la justice militaire et de la gendarmerie (1er juin 1939) au ministère de la Guerre.

Relevé de ses fonctions pour n’avoir pas, en dépit des instructions reçues, fait engager des poursuites contre les parlementaires passagers du Massilia, en route pour Casablanca, regagne le conseil d’Etat comme maître des requêtes (4 juillet 1940).

Nommé préfet non affecté par le CFLN (3 octobre 1943).
Préfet de la Seine-et-Oise délégué dans les fonctions (nommé en juin 1944 et prise de fonctions le 25 août 1944). Conseiller d’Etat (27 décembre 1944), maintenu dans ses fonctions de préfet.
Réintégré dans les cadres de l’administration centrale de la Guerre en qualité de directeur (18 février 1946) pour la période du 4 juillet 1940 au 24 août 1944.
Intégré préfet (hors classe) le 12 avril 1947, à compter du 25 août 1944.
Préfet de police (9 mai 1947).
Gouverneur général de l’Algérie (12 avril 1951).
Préfet honoraire (15 mars 1955).
Premier président de la Cour des comptes (2 février 1955).
Conseiller d’Etat honoraire. Président de la Compagnie financière et industrielle des autoroutes (1970). Président honoraire.

Sources : AN F1bI 954, CAC 920178/7, APP E A/175 IV, Who’s who 1955-56
Photographie officielle de la préfecture de police

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Message le Dim 16 Sep 2018 - 22:31 par Vent du sud



20 Novembre 1954:
Rien.

21 Novembre 1954:
Discours à la radio du président du conseil, pierre Mendés - France, il expose "sans minimiser l'importance des événements" que "la situation est bien en main en Algérie".
Bien plus tard, dans les années 70, Mendés France témoignera pour les archives historiques de l'armée, il dira "sous mon gouvernement nous avons maintenu l'ordre et tenu la rébellion en respect sans autre renfort que quelques escadrons de gendarmerie".

Mitterand en tournée d'inspection dans les Aurès, déclare le même jour à Batna que "il faudra du temps pour venir à bout des meneurs".

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Message le Lun 17 Sep 2018 - 9:25 par Blu

Mitterand dans les Aurès en novembre 1954.

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Message le Mar 18 Sep 2018 - 8:30 par Vent du sud




22 Novembre 1954:

Mendés France est à l'ONU il prononce un discours, il est acclamé pour le féliciter de son approche libérale des affaires tunisienne et marocaine (et sans doute aussi de l'accord sur le Viet Nam).

L'Algérie qui devait être mise à l'ordre du jour par plusieurs pays arabes, dont l'Arabie saoudite et l'Egypte n'est même pas évoquée.



Le gouvernement Mendès France est renversé le 6 février 1955. Initiateur du Front républicain, "PMF" sera brièvement ministre d'Etat dans le gouvernement Mollet en 1956. Après l'arrivée au pouvoir du général de Gaulle, en 1958, il prend position contre le régime, puis contre les institutions de la Ve République. Il devient alors le maître à penser d'une partie de la gauche française. "PMF" meurt en 1982.

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Message le Mar 18 Sep 2018 - 23:21 par Vent du sud



23 Novembre 1954:

 déraillement du train 5524, Souk-Ahras-Tebessa, en dérive après mitraillage, le 23 novembre 1954







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PDF Le développement des chemins de fer en Algérie
Fichiers joints
chemin de fer.pdf (300 Ko) Téléchargé 117 fois

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Message Hier à 9:25 par Vent du sud



24 Novembre 1954:
Rien.

25 Novembre 1954:
Rien.

26 Novembre 1954:
Rien.

27 Novembre 1954:
Rien.

28 Novembre 1954:
Rien.

29 Novembre 1954:
Le Comité des chefs d'Etat- Major crée le centre interarmées de guerre psychologique. Instruit par l'Indochine, des militaires étudient cette nouvelle forme de guerre et la mettront en oeuvre dès janvier 55 en créant une série de journaux et de périodiques, puis en juillet des bureaux à tous les niveaux (le cinquième bureau) et des compagnies de tract, de radio et de haut parleurs;


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Message Hier à 19:14 par Blu

L’année 1955 (décembre) verra la naissance du journal BLED.



Il était - parait-il - surtout destiné aux appelés.
De son côté, le parti communiste enverra aux appelés, dont ils connaissait l’adresse, deux journaux « clandestins » : « Soldats de France » et « Secteur postal d’Algérie ».

Cabu fera des dessins pour le journal BLED pendant son service en Algérie.

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Message Hier à 22:31 par Vent du sud



30 Novembre 1954:

Dès ce mois de Novembre, l'agha Merchi demande et obtient des armes pour les Touabas.


1 décembre 1954 :

22 hors la loi tués près de Batna.


2 décembre 1954 :

Rien.


3 décembre 1954 :

Rien.

4 décembre 1954 :

Rien.

5 décembre 1954 :

Léonard, gouverneur général se rend en Kabylie tâter le moral de la population. Il en revient rassuré.


6 décembre 1954 :

Rien.


7 décembre 1954 :

Rien.


8 décembre 1954 :

Rien.


9 décembre 1954 :

Rien.

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