Chronique de la Guerre d'Algérie

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03092018

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Chronique de la Guerre d'Algérie





Ici Chaque jour la chronique de la Guerre d'Algérie par Jean-Jacques VIALA.

Les textes sont reproduits à l'identique, mais des messages et des clichés postés par des membres enregistrés ou des visiteurs ponctuent cette chronique.

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Aujourd'hui l'introduction - Mars à Octobre 1954 -


23 Mars 1954 :

A l'initiative de Boudiaf, les divers chefs du futur F.L.N. (les partisans du terrorisme) se regroupent dans une structure nouvelle le Comité Révolutionnaire pour l'Unité et l'Action (C.R.U.A.). Ils sont neuf, les neuf "historiques". Ils ont noyauté l'O.S. du M.T.L.D. Ils se proclament (et c'st assez vrai) les representants des "centralistes".



 7 Mai 1954 :

Chute de Dien Bien Phu.


17 Mai 1954:

Un navire hôpital ramène des grands blessés d'Indochine à Marseille:
"J'étais un des premiers à descendre, porté sur un brancard, avec difficultés car la coupée était raide, suivi par d'autres blessés. C'était le soir, et une foule compacte nous attendait au pied de la passerelle. A peine arrivé au pied de la coupée, un groupe vociférant de 300 à 400 dockers, brandissant des drapeaux rouges, débordait le rideau de CRS, m'entourait, m'insultait, me crachait au visage, me frappait en essayant d'arracher mes pansements."

Ambiance.

C'est à partir de mai 1954 que le parti communiste français décide de soutenir le FLN contre le MNA, dont il croit distinguer une preference trotskiste vu l'importance de Lambert dans l'entourage de Messali. Il attaque les militants MNA chez Panhard en mai 54, crée au sein de la CGT un groupe dirigé par Belouchrani qui deviendra l'AGTA.


29 Mai 1954 :

Au Caire, Ben Bella et huit autres "chefs historiques" signent la "charte d'Union des Commandos Nord -Africains "

Ils viennent de fonder le CRUA, organisme de direction du tout nouveau FLN.

3 Juin 1.954 :

Afin de lutter contre les terroristes tunisiens qui viennent chercher refuge en algérie, le gouvernement autorise le droit de suite dans les deux sens. (il y a en effet encore des troupes françaises en Tunisie).

13 juillet 1954:

Comme le gouverneur général de l'Algérie le rappelle, dans une lettre adressée au ministre du Travail, le 13 juillet 1954, "l'utilisation dans les entreprises métropolitaines de la main d'œuvre algérienne excédentaire constitue le seul palliatif aux problèmes posés par l'accroissement démographique de l'Algérie dont les ressources industrielles et agricoles sont insuffisantes eu égard à sa population". Cette donnée est d'ailleurs intégrée dans les différents plans de développement de l'Algérie.
Les auteurs des "Perspectives décennales" tenaient le placement en France, chaque année pendant dix ans, de vingt mille travailleurs algériens, soit le cinquième du total des emplois à créer pour faire face à la croissance démographique algérienne, pour une contribution indispensable à la lutte contre le sous-emploi local, objectif avalisé par le plan de Constantine.

L'immigration en métropole apparaît également comme une opportunité de première importance pour la formation des hommes. L'ensemble du dispositif de formation technique qui vise à transformer les immigrés algériens de manœuvres en ouvriers spécialisés, voire en ouvriers qualifiés, permet d'envisager, avec le retour en Algérie d'une partie de ces derniers, une solution aux carences locales de personnels qualifiés.

C'est surtout une source de revenus indispensables. Selon les estimations du Rapport Delavignette, en 1954, "un million et demi de personnes demeurées dans les douars vivent de l'argent gagné en métropole. Sur les 60 milliards (anciens francs) de salaires touchés dans la métropole, 35 milliards ont été envoyés en mandats en Algérie" pour un revenu "national" de l'ordre de 500 milliards. Le Bulletin hebdomadaire de la CGPA donne un autre indicateur du poids de ces expéditions, en signalant que les 33 milliards de francs transférés au cours de l'année 1953 en Algérie représentaient "plus du quart du total des salaires payés en Algérie pour le secteur non agricole et un chiffre égal au montant global des salaires versés par l'agriculture". Pour le département de Grande Kabylie, en 1958, "les transferts de salaires et les allocations correspondantes représentent près de la moitié des moyens de vie; la proportion est même de l'ordre des deux tiers dans l'arrondissement d'Azazga".

Comment envisager de se passer de tels revenus? Comment priver aussi des dizaines de milliers d'Algériens d'un travail qu'ils ne sauraient trouver au pays où le sous-emploi, chronique, est considéré comme une plaie majeure?

C'était enfin, comme le soulignait le gouverneur R. Léonard, en février 1955, "un des éléments les plus positifs de la balance des comptes de l'Algérie" puisque ces expéditions couvraient à elles seules presque la moitié du déficit commercial de la colonie vis à vis de la métropole qui s'établissait, en 1953, à environ 71 milliards de F (anciens).

À partir de la, lorsque les responsables de l'algérie se prononcèrent à propos de l'émigration des indigènes, ce fut désormais pour exiger que toute entrave à la liberté de circulation soit levée et que priorité soit donnée aux ressortissants français d'Algérie dans l'accès au marché du travail métropolitain. En 1953, la CGPA estime que "dans les circonstances actuelles et compte tenu du développement économique de l'Algérie, l'émigration reste, tout au moins pour certaines régions particulièrement surpeuplées de notre territoire, un élément indispensable".

Plus pressants encore, les dirigeants de la Centrale patronale s'élèvent contre la concurrence que les ouvriers étrangers font peser sur les ressortissants français d'Algérie, et exigent en faveur de ces derniers l'application du principe de la préférence nationale: "À notre plus grand effarement, nous pourrions même écrire à notre scandale le plus profond, si l'on examine les courbes au cours de l'année 1953 de l'émigration des travailleurs algériens en métropole, et la courbe des travailleurs étrangers en métropole, on s'aperçoit que le nombre des travailleurs étrangers émigrés en métropole pour y travailler et ayant trouvé du travail est supérieur au nombre des Algériens ayant eux-mêmes trouvé du travail sur le sol métropolitain. [ ... ] Il est inadmissible qu'une préférence soit donnée à des éléments étrangers contre des éléments français. [... ] Que pouvons-nous demander à la métropole? Tout simplement que [...] en ce qui concerne les problèmes de main-d'œuvre, il ne soit accepté - à qualification professionnelle égale - d'étrangers tant que nous aurons ici en Algérie des problèmes de main-d'œuvre qui n'auront pas reçu de solutions. [ ... ] L'Algérie est composée de trois départements français et les possibilités d'emplois doivent être réservées en priorité aux citoyens d'un même pays avant d'être offertes à des étrangers." L'enjeu n'était pas seulement social et économique. Il était aussi politique. Déjà, en 1935, le délégué arabe, M. Foudil, considérait le chômage en Algérie comme "des germes de révolution"! En mars 1954, dans un rapport présenté à l'Assemblée algérienne, M. Amar Illoul estimait que "compte tenu, d'une part, du déséquilibre existant actuellement entre les richesses et la population des trois départements de l'Algérie, et compte tenu d'autre part, du nombre relativement limité d'emplois nouveaux [...] l'émigration demeurera pendant de longues années encore la seule possibilité de donner du travail, la seule "soupape de sécurité" possible".

d'après Daniel Lefeuvre Chère Algérie, ISBN2-08-210501-6


14 juillet 1954 :

Le congrès du MTLD de Messali Hdj s'achève à Hernu, en Belgique. Il marque le reconquête de "son" parti par Messali. La scission avec les centralistes est consommée, Ben Khedda, Lahouel et 6 autres membres du comité central sont exclus du parti.

Le 13 août, à Alger, les centralistes tiennent leur congréès concurrent, ils excluent Messali, et d'autres.

Fin août il y a donc deux formations qui se réclament toutes les deux du MTLD, celle d'alger (futur FLN) et celle de métropole (futur MNA).

La "bataille de france" entre FLN et MNA, destinée pour l'essentiel à savoir qui récolte les cotisations, commence immédiatement.

MNA et FLN se combattent en Kabylie en février-mars 1955, à Alger en octobre 1955. En juillet 1956, 82 cadres du FLN sont tués par le MNA à Paris. La lutte FLN -MNA en métropole se traduit par 12.000 agressions, 4.300 morts et 9.000 blessés.


mi septembre 1954:

Les 9 "historiques" sont réunis en Suisse pendant une dizaine de jours. Ils mettent la derniére main aux organigrammes, aux responsabilités, aux filiéres d'achat d'arme (surtout via Nasser et l'egypte) aux recueils de cotisation et à la repartition de cette manne.

6 d'entre eux se retrouveront le 30 à Alger et fixeront la date du premier novembre pour le début de la lutte armée.

 25 Octobre 1954 :

Lettre du 25 septembre 1954 du préfet Vaujour à M. Queuille, alors vice-président du conseil:
"Je tiens à vous confirmer en tous points notre conversation. Les séparatistes se battent entre eux, certes, en ce moment. Mais des renseignements précis me permettent de redouter de les voir passer à l'action directe avant un mois. Et ce mouvement sera très vaste. Il atteindra les zones les plus dures de l'Algérie et certaines villes. Si nous n'y prenons garde, le petit groupe d'activistes qui a pris la tête d'une nouvelle action clandestine et qui n'agit pas, je le souligne, dans le cadre du parti traditionnel de Messali, va essayer d'embraser l'Algérie à la faveur des événements des terroristes voisins. Ce sera une flambée brutale, généralisée, et qui risque de nous placer dans une situation difficile si nous n'avons pas les moyens de faire face partout en même temps. C'est incroyable de voir combien ce pays est vide de cadres et livré à lui-même.

M. Léonard a, je le sais, alerté Paris... que faire avec rien ? ...Je suis persuadé que nous allons vivre des heures graves... Nous sommes à la veille d'attentats, peut-être même de soulèvements dans les régions où les bandits tiennent le maquis depuis des années. Cette fois ce ne sera pas une action sporadique et localisée... car le Maroc et la Tunisie sont là, tout près, qui donnent l'exemple. C'est le Maghreb tout entier qui va s'enflammer. "

Extrait de "De la révolte à la révolution", Vaujour.
Rien ne bouge coté gouvernement. Le 10 Octobre Vaujour informe que la date est fixée au premier Novembre. Le 23 Octobre il demande l'autorisation de procéder à des arrestations : rien. Le 26 Octobre il a connaissance de la réunion du CRUA destinée à mettre au point le communiqué qui sera envoyé après les attentats du premier novembre. Il renouvelle sa demande de rafle, le ministre de la justice (Mitterand) lui répond non. Le 29 Octobre, sur indication d'un militant du parti communiste, effrayé de ce qu'on lui a demandé de faire, on trouve la première bombe à Oran.

La décision d'arrêter les responsables ne parviendra à Alger que le 2 Novembre, le lendemain du début de l'insurrection.

 30 Octobre 1954 :

(Henri Jacquin, la guerre secrète en algérie, Olivier Orban 1977, ISBN 2-85565-055-0) LA POLITIQUE DE L'AUTRUCHE

Il faut une bonne dose de mauvaise foi, mais les politiciens n'en manquent pas, pour affirmer que la Toussaint de 1954 a été une surprise pour les autorités. L'ignorance est l'alibi des incapables. L'armée possédait peu de moyens d'investigations mais le Gouvernement général disposait d'un large éventail d'organismes qui ne faillirent pas à leur tâche. Toutefois le corps des officiers des affaires musulmanes spécialisé dans le contact avec les musulmans avait été depuis 1945 plusieurs fois remanié sous la pression de notables ou de partis politiques dont il gênait les agissements. Accusé d'entretenir la ségrégation raciste et des méthodes paternalistes, il avait subi des coupes sombres et regrettables.

Depuis l'arrestation en 1950 des auteurs du hold-up de la poste d'Oran l'année précédente, on n'ignore pas qu'une organisation secrète prépare une insurrection armée. Ses délégués au Caire n'en font pas mystère. En 1951 l'O.S. compte 1800 hommes armés (fusils Statti, Mausers, armes française de 8 m/m) organisés en cellules de trois hommes, en groupes de trois cellules et en sections de plusieurs groupes. Des exercices ont lieu, de nuit de préférence. Des scouts musulmans et quelques chrétiens se prétendant progressistes y participent. Des "services" aux missions bien précises se sont formés: sabotage, renseignement, matériel, artificiers, sanitaires... Le M. T .L.D. finance cette activité clandestine dans des conditions contestées par les bénéficiaires eux-mêmes.

Malgré les perquisitions, les arrestations, les défections, 1'0.S. ne désarme pas. Un rapport de la Xe région militaire se basant sur des renseignements de police et de gendarmerie indique fin 1953 "qu'en Kabylie, Krim Belkacem et Ouamrane qui personnellement tiennent le maquis depuis sept ans, peuvent compter sur 1 500 hommes armés. Dans les Aurès, Mostefa ben Boulaid, un ancien sous-officier rassemble 500 hommes".

Aussi bien dans les Aurès qu'en Kabylie, les méfaits des maquisards se distinguent souvent mal des crimes de droit commun, mais la liste est longue des gardes- champêtres et forestiers, des notables et des anciens combattants assassinés depuis 1949. Les "fellaghas" qui opèrent en Tunisie depuis 1952 sont en liaison avec les "bandits" des Aurès. Le général commandant à Alger et le résident de France à Tunis proposent la création d'un état-major mixte pour coordonner le renseignement et les opérations de police des deux côtés de la frontière. Les ministres intéressés, de l'intérieur et des Affaires étrangères, ne peuvent se mettre d'accord.

En janvier 1954, enquêtant sur les activités suspectes d'un propagandiste du M.T.L.D., les gendarmes de Tizi-Ouzou découvrent dans une cache des documents révélant une organisation de type militaire. Une perquisition opérée au siège du M.T.L.D. à Alger permet de saisir une liste de militants fortement compromis. L'un d'entre eux, Saïd interpellé, collectait des renseignements sur les gendarmeries: effectifs, armement, habitudes, sur l'armement détenu par les gardes forestiers et les commissariats, sur les magasins d'armes des casernes.

"Pour ne pas mettre, dit-il, le pays à feu et à sang" le Gouvernement général s'oppose tout d'abord à l'arrestation de tous les conjurés cités; en avril il est trop tard; alertés, les oiseaux se sont envolés ! Perquisitionnant dans les mêmes milieux, la Sûreté parisienne trouve des documents révélant des préparatifs militaires, entraînement de commandos, trafics d'armes et une abondante correspondance avec la délégation de 1'0.S. installée au Caire qui fournit des fonds; l'un des militants interpellés Boularouf, futur négociateur d'Evian, avoue qu'une action armée se prépare. Sur le bureau du procureur de la République, à Alger, les dossiers s'accumulent, mais le 29 septembre 1954, le ministre de l'intérieur, M. Mitterrand fait savoir "qu'il ne faut pas envisager le règlement de ces dossiers, afin de ne pas énerver l'opinion par la répression, le M. T.L.D. étant un parti officiellement représenté au Parlement français... D'ailleurs le pays est calme".

Au printemps 1954, se séparant définitivement de Messali Hadj et de ses amis incapables de passer à l'action ainsi que de la fraction centraliste de Lahouel pourtant plus activiste, l'Organisation secrète du M. T .L.D. se transforme en "Comité révolutionnaire et d'unité d'action", C.R.U.A. Les durs de l'O.S. n'ont plus besoin du patriarche vieilli et ils savent que ses plus résolus partisans les rejoindront. Pas besoin non plus de l'argent du parti, un trésor de guerre est constitué à la banque arabe de Genève: 5 000 000 de francs suisses, et au Caire où le lieutenant-colonel Nasser a déposé 10.000.000 de livres en promettant d'autres subsides.

Le C.R. U.A. se compose de 22 membres cooptés dont les principaux sont: Boudiaf, un ancien élève de l'Ecole normale d'instituteurs, chef du M.T.L.D. en métropole et inspirateur du nouveau comité, Ben Bella chargé de la liaison avec les services égyptiens, Aït Ahmed le fils d'un ancien caïd, aigri, sans profession dit pudiquement sa fiche de police, Khidder, ancien député à l'Assemblée nationale de 1946 à 1951, Ben Boulaïd, entrepreneur de transports condamné en 1950 pour atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat, évadé, il tient la maquis dans les Aurès, Ben M'Hidi qui se charge de l'Oranie, Bitat Rabah de l'Algérois et Krim Belkacem qui fait déjà en Kabylie figure de héros: Zirout, Benaouda, Bentobal du Nord-Constantinois, Didouche Mourad, Ben Maheddine Larbi ainsi qu'un oulema dont seul Boudiaf connaît le nom. Le C.R.U.A. se réunit au Caire fin juin 1954. Une délégation du M.T.L.D. est présente. Elle est brutalement évincée.

- Nous ne sommes pas prêts, gémit Moulay, un adjoint de Messali Hadj.

- Depuis des années, ricane Ben Bella, le Boulaya (Messali) n'est prêt à rien, il se cache derrière la police française.

- Des attentats généralisés dresseront les Français contre nous fait remarquer l'ancien député du M.T.L.D., Mezerna, même ceux qui appuient notre lutte politique.

- La lutte politique est dépassée, rétorque Khidder. Les Français sont vaincus en Indochine, profitons-en !

Le soir même la délégation M.T.L.D. éclate. Moulay Merbah rentre à Paris, Lahouel, délégué des "centraliste" dissidents du M.T.L.D. se retire en Suisse en emportant une partie de la caisse du parti; M'Hamed Yazid offre ses services au C.R.U.A. et Mezerna soupçonné de renseigner la police française est jeté dans une prison du Caire. La réunion se poursuit abordant les problèmes techniques. Décalquant l'organisation du M.T.L.D. tant on est sûr que ses militants, abandonnant leurs chefs, rejoindront l'action armée, on divise l'Algérie en six Wilayas, elles-mêmes découpées en zones dont les chefs sont désignés.

- La date ? s'inquiètent les conjurés.
- La prochaine assemblée de l'O.N.U. aura lieu le 1er novembre, indique le commandant Fethi ed Dib du Deuxième Bureau égyptien. Pour permettre aux membres de la Ligue de soulever la question algérienne, il faut faire quelque chose avant cette session, marquer par un soulèvement généralisé la volonté du peuple algérien. La Ligue et l'Egypte ne vous ont pas ménagé leur appui, à vous d'agir !

- Les mois qui viennent sont favorables, constate Khidder. Nos amis font régner l'insécurité au Maroc et en Tunisie, immobilisant des troupes. Mendés- France négocie à Genève l'évacuation de l'Indochine. Après la capitulation du Diên Biên Phu, l'opinion publique en France refusera de courir une nouvelle aventure colonialiste . Il est décidé d'envoyer en Algérie les commandos qui s'entraînent en Egypte. Un confident de Boudiaf rend compte à la police de ces entretiens et de ces projets dont le ministre de l'intérieur est avisé.

31 Octobre 1954 :

Une réunion a lieu à Alger, dans les locaux d'une confédération générale de travailleurs, il y a là Belkacem et Ouamrane, qui tiennent le maquis depuis sept ans, dans la tradition des bandits d'honneur kabyle, Ouezzegane, qui fut le secrétaire général du parti communiste algérien avant de s'en faire virer pour déviationnisme (il accusait l'U.R.S.S. d'attitude impérialiste vis à vis des pays arabes).

Les deux premiers ont organisé les attentats qui éclateront le lendemain. Le troisième a fait la liaison avec les deux européens qui sont là, Benoît Frachon, Dufrèche, membres du bureau politique du parti communiste français. Les trois révolutionnaires algériens veulent du parti communiste plus de paroles, des actes, ils obtiennent des demi promesses. Un des militants communiste qui a aidé à l'organisation de la réunion, qui a déjà averti la police quand on lui a demandé de fabriquer des bombes, informe les autorités de cette réunion.

- Dans le même état d'esprit (préparer l'avenir) Khidder à Genève avait obtenu du syndicat dominé par les américains (CISL) un chèque de 250 000 $ pour "financer la lutte anti colonialiste".
C'est le secrétaire de la CISL, un américain converti à l'islam qui a pris le nom de Ahmed Ramal, et accessoirement le meilleur agent de la C.I.A. pour les affaires arabes qui signe le chèque. (Henri Jacquin, la guerre secrète en algérie, Olivier Orban 1977, ISBN 2-85565-055-0)

Vent du sud

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Date d'inscription : 03/09/2018

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Chronique de la Guerre d'Algérie :: Commentaires

Message le Lun 1 Oct 2018 - 20:59 par Vent du sud

17 janvier 1955 :

Le FLN s'implante en métropole :
Le MTLD a toujours fait la loi parmi les Algériens immigrés, mais la majorité de ceux-ci, cadres de l'appareil exclus, sont surtout préoccupés de subsister d'une manière ou d'une autre; la politique les intéresse médiocrement. Avec le FLN les choses changent radicalement. Ils vont devoir participer, de gré ou de force, à la conquête de l'indépendance. Au départ, les tenants du FLN qui mettent en place leur organisation s'intéressent particulièrement au paiement des cotisations des adhérents, entrant ainsi en concurrence violente avec les collecteurs du MTLD-MNA.

Ils vont très vite étendre leur champ d'action en imposant toute la population nord-africaine. En effet il ne s'agit plus, comme avec le MNA d'une cotisation volontaire à un parti politique, mais d'un impôt révolutionnaire, dû par tout national et qu'on ne saurait refuser sans punition sanglante.

Pour ce faire, il leur faudra engager un combat particulièrement sauvage où tous les coups, tous les procédés seront utilisés. Les militants du MTLD sont généralement fichés, connus de la police ou de la gendarmerie car le parti de Messali, officiellement déclaré, est pénétré par des informateurs.
C'est ce parti qui va subir le premier choc policier après sa dissolution en novembre 1954. Souvent le militant FLN joue l'indicateur, le pro- français, pour informer les forces de l'ordre et de cette manière se débarrasser des concurrents.
C'est ainsi que, sous une espèce de protection inconsciente de la police métropolitaine, médiocrement au fait des problèmes politiques nord- Africains, le Front va grandir.
Moins nombreux au départ, ses militants sont les plus durs, les plus implacables; dès janvier 1955, la guerre est sans merci entre les deux clans et les assassinats de Nord- Africains deviennent fréquents dans le Nord et la région parisienne, régions que privilégient les deux mouvements en raison de leur potentiel humain et surtout financier.
Les immigrés sont, la plupart du temps, regroupés dans des quartiers définis ou des bidonvilles de banlieue constituant des ghettos malsains, difficilement pénétrables. La police presque aveugle, débordée, perd rapidement le contrôle de ces casbahs et de ces médinas.
Alors commence la guerre des cafés maures et des hôtels arabes constituant autant de lieux de réunions, de points forts de l'une ou l'autre faction. Les établissements sont mis à sac, attaqués avec des armes à feu, des armes blanches par des "éléments troubles" comme titre la presse de l'époque qui parle de "règlement de comptes entre Nord- Africains".
La population métropolitaine ne voit pas de gros inconvénients à ce que les Arabes s'entre-tuent; elle souhaite cependant ne pas être trop dérangée.
Apparemment, pendant de longs mois, les médias ne font pas de rapprochement avec les opérations qui se déroulent en Algérie. Pourtant les indices ne manquent pas, ni même les preuves flagrantes de l'existence en France d'une entreprise subversive, émanation du FLN, organe moteur de la rébellion en Algérie.
(...)Ainsi, la plupart du temps, les hommes du Front sont d'ex- militants très engagés du parti de Messali. Ils vont fournir l'ossature du mouvement qui s'installe en métropole.
Ils connaissent parfaitement les méthodes et les hommes du MNA qui ont été auparavant leurs camarades du combat politique. Cette connaissance et leur dynamisme leur permettront de les rallier soit par la dialectique, soit par tout autre moyen, ou de s'en débarrasser physiquement, ce qu'ils feront le cas échéant.
La fédération FLN de France se constitue dès le début de 1955 malgré les difficultés inhérentes à la constitution d'un mouvement clandestin. Dès avril 1955, plusieurs responsables dont Terbouche sont arrêtés; la fédération n'en disparaît pas pour autant, au contraire, elle renforce son état-major et augmente ses effectifs. Ses difficultés sont importantes dans un environnement en général hostile, au mieux indifférent.
Se posent d'abord les problèmes de liaison avec l'extérieur, avec le commandement de la Révolution qui ne semble guère coordonné; il faut choisir entre Boudiaf au Caire, Abane Ramdane à Alger et des chefs de maquis prétendant correspondre directement avec leurs relations de métropole.
Les réactions policières sont loin d'être négligeables; l'action de la DST provoque de sérieux dégâts dans les rangs de l'état-major métropolitain du FLN. Celui-ci est sérieusement handicapé par les arrestations d'avril 1955 puis par celles d'août 1956. En février 1957, la presse annonce que "le FLN en France est décapité".
Les actions policières s'en prennent surtout aux dirigeants dont les déplacements trop fréquents, l'absence de moyens d'existence contrôlables attirent l'attention mais, sur le terrain, l'organisation rebelle reste pour les forces de l'ordre une nébuleuse indéfinissable, mouvante, complexe, très difficile à pénétrer.
En juin 1957, succédant à Mourad Terbouche et à Mohamed Lebjaoui, Amar Boudaoud devient responsable de la Fédération de France. Le FLN revendique déjà 20.000 adhérents en métropole; les collectes de fonds, cotisations spontanées ou non, amendes diverses rapportent mensuellement plus de 20 millions (anciens francs).
Le Front classe ses partisans en sympathisants, adhérents, militants; le nidham, l'organisation politico -administrative, est en place. L'apprentissage de la vie clandestine est maintenant codifié, les contacts profitables bien établis avec les Européens favorables ou complices. Trois wilayas partagent l'hexagone, la une région parisienne étendue à la Bretagne et la Normandie, la 2 centre qui comprend Marseille, Bordeaux, Lyon, la 3 nord et est (et belgique).
La wilaya, souvent la région, dispose de groupes armés (également baptisés groupes de choc ou fedayin).Ces éléments composés d'hommes sûrs sont destinés aux opérations contre le MNA, les forces de l'ordre, les hésitants ou ceux qui tardent ou refusent d'acquitter la cotisation. En dehors des bagarres souvent sanglantes entre les tendances politiques ou les querelles aux origines parfois mal définies qui agitent la population immigrée, ces exécuteurs des basses besognes alimentent la rubrique des faits divers dès la fin de 1954.
La lutte pour le pouvoir, donc pour la prise en main de la masse nord-africaine, s'étend sur tout le territoire comme un feu de broussailles trop sèches.
Le 17 janvier 1955, la presse signale de manière parfaitement banale la découverte d'un cadavre musulman abandonné à Joinville-le-Pont. Le lendemain, elle annonce que l'attaque d'un café maure a fait des blessés, boulevard Jean-Jaurès, à Paris.
Des révélations analogues deviennent de plus en plus fréquentes elles précèdent celle d'un trafic d'armes organisé par des membres du personnel de la manufacture d'armes de Bayonne, 600 pistolets destinés à Oran sont saisis à Nice. Le 7 avril, à Saint-Denis, le corps d'un Algérien est trouvé dans un terrain vague; le cadavre est à demi calciné, la victime a été torturée, émasculée, aux trois quarts égorgée. Les bourreaux sont-ils du MNA ou du FLN? Le 1er mai est l'occasion de violentes manifestations de Nord- Africains à Lille et à Maubeuge; elles font 30 blessés parmi les policiers du service d'ordre. Le même jour, 1 500 membres du MNA attaquent à Vincennes une manifestation du PCF qu'ils accusent de trahison.
Entre le 5 et 8 mai, les journaux font état de mise à sac de plusieurs cafés ou hôtels arabes à Paris et à Toulon par des "éléments troubles". Il n'est pas fait allusion à la guerre qui s'étend; l'un des quotidiens parle assez timidement de "racket politique".
A Paris et dans plusieurs villes de l'Est, la police entreprend d'importantes opérations de contrôle dans les regroupements nord-africains. Le même jour, à Livry-Gargan, un Algérien est tué; attaqué pour la deuxième fois, il avait auparavant repoussé une trentaine d'agresseurs au fusil de chasse. Le 31 mai, un café maure de Saint-Denis est attaqué par une centaine d'Algériens après une première tentative la semaine précédente. Le 1er juillet, plusieurs membres de l'état-major FLN sont arrêtés à Paris, 6 millions de francs sont saisis.
En août, le commissariat du 18e arrondissement est pris à partie par plus d'un millier d'Algériens qui saccagent également une quarantaine de commerces voisins. L'intervention de renforts de police coûte 15 blessés aux agresseurs.

Raymond Muelle, 7 ans de guerre en france, (quand le FLN frappait en métropole) ISBN 2-914185-04-9


18 janvier 1955 :
Au cours d'un engagement dans le djebel, Mourad Didouche est tué. C'est le premier des chefs historiques à disparaître.

19 janvier 1955 :
RAS.

20 janvier 1955 :
RAS

21 janvier 1955 :
RAS

22 janvier 1955 :
RAS.

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Message le Mar 2 Oct 2018 - 21:30 par Vent du sud


23 janvier 1955 :

Soustelle, gaulliste, est nommé Gouverneur Général de l'Algérie, il s'agit de donner aux gaullistes des gages de maintien de l'Algérie dans la France, de façon à en obtenir la neutralité.

Mendés France, comme tous les gouvernements de la quatrième république était coincé entre les communistes à gauche et les gaullistes à l'extrême droite qui se liguaient systématiquement tout en étant en désaccord sur tout.

Cela n'empêchera pas sa mise en minorité le 4 février.
D'ailleurs quand Soustelle va demander l'accord de De Gaulle, celui-ci lui répond des choses floues.


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Message le Mer 3 Oct 2018 - 14:56 par Vent du sud



24 janvier 1955 :
Embuscade dans les Aurès, un légionnaire tué, deux blessés.



25 janvier 1955 :
RAS

26 janvier 1955
Soustelle réclame l'augmentation des effectifs militaires.

27 janvier 1955 :
RAS



28 janvier 1955
Une ambulance tombe dans une embuscade, non loin de Biskra, 2 morts 3 blessés.

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Message le Mer 3 Oct 2018 - 17:00 par vert et rouge


Une parenthèse pour présenter les six wilayas de l'ALN.

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Message le Mer 3 Oct 2018 - 22:48 par Vent du sud



29 janvier 1955 :
RAS

30 janvier 1955
RAS

31 janvier 1955 :
 Au début de 1955, comme les troubles se généralisaient sur l'ensemble du territoire algérien et que s'accroissait rapidement dans les prisons le nombre des personnes inculpées, ou condamnées pour activités subversives et terroristes, le comité international de la Croix-Rouge (CICR) offrit au gouvernement français ses services humanitaires en faveur de cette catégorie de détenus. Le 31 janvier 1955, M. Mendès France recevait William Michel, délégué du CICR à Paris, qui lui demanda l'autorisation de visiter les lieux de détention, de disposer d'une liste des détenus, et éventuellement de distribuer des secours.

À la suite de cet entretien, le gouvernement français accepta, le 2 février, la proposition du CICR. Refusant de fournir la liste des détenus, il autorisait la Croix-Rouge internationale à faire visiter les lieux de détention d'Algérie, où ses délégués pourraient s'entretenir, sans témoin, avec les détenus de leur choix. Cet entretien constitue le point crucial de la visite, car il permet de constater la pratique éventuelle de sévices.

La durée de la mission était fixée à un mois. Il était entendu que les rapports du CICR seraient communiqués au seul gouvernement français. Au début de 1956, le président Léopold Boissier du CICR est reçu par le président du conseil français Guy Mollet, qui le 6 avril accepte l'envoi d'une nouvelle mission. Cet accord fut renouvelé à l'occasion de chaque mission du CICR en Algérie.

Jusqu'au 1"' juillet 1962, dix missions dites de détention ont fait plus de 500 visites de lieux de détention.
Outre ces visites, le CICR a été amené à s'intéresser aux prisonniers français aux mains du FLN, aux réfugiés algériens en Tunisie et au Maroc, aux lieux de détention en métropole, aux populations regroupées en Algérie, au conflit de Bizerte à l'été 1961, et aux activistes internés, de novembre 1961 à juin 1962. En 1963, une mission spéciale a été organisée pour rechercher les personnes disparues. Son rapport a été diffusé en avril 2003 avec l'accord du gouvernement français.


- Guy MOLLET -

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Message le Mer 3 Oct 2018 - 23:02 par Vent du sud



1 Février 1955 :
RAS.

2 Février 1955 :
Débats sur l’Algérie à l'assemblée nationale. Personne ne parle du fond. Les gaullistes soutiennent modérément Soustelle, quoique nommé par Mendés France.

3 Février 1955 :
RAS.

4 Février 1955 :
Mendés -France démissionne, sa politique sur l'ensemble du Maghreb (discutons toujours) ayant été désavouée. Lors de la séance où il va être mis en minorité, le ministre de l'intérieur, François Mitterand, se félicite d'avoir envoyé le contingent en Algérie.

Et tout le monde croit que c'est Edgar Faure qui a fait ça…

5 Février 1955 :
Bouali M'Hamed ben Ali, assassiné près d'Arris (c.m. Aurès) portait épinglé sur son dos un papier avec la mention "Peuple algérien démocratique".

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Message le Jeu 4 Oct 2018 - 21:08 par Vent du sud


6 Février 1955 :
RAS

7 Février 1955 :
Soustelle s'installe à Alger en attendant la suite des événements.

8 Février 1955 :
Brahim BekaÏ, 24 ans, Cultivateur à Dar Nasseur, près de Bône, est égorgé devant sa femme et ses enfants par un groupe de hors-la-loi. Motif, s'était rendu à la mairie de Bône pour faire établir un acte de naissance.

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Message le Jeu 4 Oct 2018 - 21:16 par Vent du sud


9 Février 1955 :
RAS

10 Février 1955 :
Pfimlin est chargé de former le nouveau gouvernement.



11 Février 1955 :
RAS

12 Février 1955 :
RAS

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Message le Ven 5 Oct 2018 - 1:30 par Vent du sud


13 Février 1955 :
Les journaux annoncent que deux rebelles, présentés comme des chefs, sont arrêtés alors qu'ils cherchaient à passer en Tunisie (toujours en protectorat, rappelons le).
Il s'agit en fait de Benboulaïd mostefa, un des 9 historiques, chef des rebelles de l'Aurès, retour de Tunisie arrêté le 11 sur renseignements.
La désinformation est le nerf de la guerre révolutionnaire.
On trouve sur lui un journal de bord. Ben Boulaid s'evadera le 4 novembre et sera tué en mars 1956 par un poste de radio piégé.

Mostefa Ben Boulaid, le premier chef de la Wilaya 1, arrêté par les forces françaises en Tunisie le 10.2.1955, portait sur lui un journal de marche écrit de sa main où l'on peut lire entre autres: "le 1er novembre au douar Ouldja, commune de Kenchela, le groupe Abdelouahab s'est déplacé pour exécuter le Caïd ... Le bureau a été incendié et l' école".
Ben Boulaid portait également le compte rendu de deux de ses subordonnés: Saïd Arnor et Maâche Messaoud, où l'on peut lire, à propos de deux français musulmans capturés par l'A L. N. après qu'ils eussent eux-mêmes arrêté un terroriste F.L.N.: "le 5.1.1955 à 21 heures, prise des deux traîtres. Après les avoir martyrisés, ils ont été abattus".


14 Février 1955 :
Pfimlin renonce, Pineau essaye de former un nouveau gouvernement.

15 Février 1955 :
RAS

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Message le Ven 5 Oct 2018 - 1:34 par Vent du sud



16 Février 1955 :
Une patrouille du premier régiment de hussard parachutiste tombe dans une embuscade..
Il y a deux morts, Baze et Mallet, et 6 prisonniers; Ces derniers sont traînée de groTte en grotte pendant 3 mois puis le 22 mai, ils assomment leurs gardiens et se retrouvent au poste de ferkane.

17 Février 1955 :
RAS.

18 Février 1955 :
L'assemblée nationale refuse l'investiture à Pineau.

19 Février 1955 :
RAS

20 Février 1955 :
RAS


Christian PINEAU
Il est appelé par de Gaulle au gouvernement provisoire comme ministre du ravitaillement en mai 1945, quelques jours seulement après son retour de déportation.

Après avoir rejoint la SFIO, Pineau devient député socialiste de la Sarthe en 1945 et le reste jusqu'en 1958. Il est aussi conseiller général de la Sarthe à partir de 1955.

Ministre sous la Quatrième République (de façon continue de novembre 1947 à février 1950), il a à son actif le développement de la marine marchande, la création du conseil supérieur des transports, l'amélioration du statut des fonctionnaires et la création d'Air France.

En 1952, il est sollicité par Vincent Auriol pour constituer un gouvernement, mais décline l'offre.

Au sein de la SFIO, dont il a intégré le comité directeur en 1951, il est un soutien indéfectible du secrétaire général Guy Mollet.

En février 1955 il est désigné comme président du Conseil après la chute du gouvernement Pierre Mendès France, mais le gouvernement qu'il constitue n'est pas investi par l'Assemblée nationale et ne recueille que 268 voix contre 312. Pineau paye alors ses engagement très pro-européen et notamment sa défense acharnée de la Communauté européenne de défense.

De février 1956 à mai 1958, il est ministre des Affaires étrangères et participe à la mise en œuvre de l'expédition de Suez, ainsi qu'à la signature du protocole d'indépendance de la Tunisie le 20 mars 1956 avec le premier ministre tunisien Tahar Ben Ammar2.

Il négocie le Traité de Rome, créant la Communauté économique européenne, qu'il signe, avec Maurice Faure, au nom de la France.

Il tente une « ouverture vers l'Est » en se rendant à Moscou avec le président du Conseil, Mollet.


Dernière édition par Vent du sud le Ven 5 Oct 2018 - 1:49, édité 1 fois

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Message le Ven 5 Oct 2018 - 1:36 par Vent du sud



21 Février 1955 :
Edgar Faure, "centre" essaye de monter un gouvernement, il y arrivera le 23, grâce à l'appui des socialistes.

Soustelle, confirmé par Faure, et déjà en Algérie depuis le 15, entreprend une tournée dans les Aurès et le nord Constantinois sous l'œil dubitatif des pieds noirs. En particulier il a dans son cabinet Monteil, pro F.L.N. chargé des contacts avec les nationalistes.

Soustelle revient de sa tournée persuadé que la rébellion est très minoritaire, que la tactique du général Cherrière (bouclage et ratissage, assorti de "responsabilité collective") est tout à fait nuisible.

Il prend dans son cabinet une collègue ethnologue, Germaine Tillion, spécialiste des Chaouias des Aurès, chargée de développer le bled.


 Général CHERRIERE

22 Février 1955 :
RAS.

Le général Lorillot remplace le général Cherrière en juillet 1955.
Comme son prédécesseur, il met l’accent sur la destruction des bandes rebelles et réclame pour cela des effectifs beaucoup plus importants.
Les débats internes sont difficiles.
 Le général Guillaume, chef d’état-major général, et contre car renforcer l’Algérie ne peut se faire qu’au détriment de la modernisation des forces affectées à l’OTAN, mais l’émotion causée par les massacres du 20 août 1955 dans le Constantinois (une centaine d’Européens et un millier de Musulmans tués) fait basculer le gouvernement. On va passer ainsi de 80 000 hommes en novembre 1954 à 400 000 en août 1956.

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Message le Ven 5 Oct 2018 - 9:10 par Blu

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Message le Ven 5 Oct 2018 - 16:02 par Vent du sud


23 Février 1955 :

Soustelle, gouverneur général nommé par Mendes France, qui n'a pas eu le temps de prendre ses fonctions avant que son ministère soit viré, est à nouveau gouverneur général de l’Algérie dans le nouveau gouvernement Faure.
Il affirme : lors de la cession d'ouverture de l'assemblée algérienne "l’Algérie et tous ses habitants font partie intégrante de la France".

Il présente sa solution "l'intégration" qui n'est pas l'assimilation, mais il s'agit "de faire chaque jour davantage de l’Algérie une province, originale certes, mais pleinement française."

Ferhat Abbas (MTLD, nationaliste modéré) et Gratien Faure, l'ultra type, siègent côte à côte et applaudissent poliment le nouveau gouverneur général.

L'écho d'Alger approuve le nouveau Gouverneur Général.

Le président de la djemaa du douar M'chot (Kabylie) assassiné dans le marché.


Gratien FAURE, né à Zeraia en 1885, le plus important céréaliculteur sur les hautes terres du Constantinois


Article écrit à partir de Un parlement colonial : les délégations financières algériennes par Jacques Bouveresse

Claude Gratien FAURE naît à Zeraia le 19 décembre 1885 (de Jean-Louis, cultivateur, né le 2 décembre 1862 dans la Drôme)

En 1909, Gratien est élu maire de Zeraia en remplacement de son père.

Le 22 avril 1911, il épouse à Djijelli Fernande Suzanne Lochard, fille d’un gros agriculteur de Tamentout.

De 1920 à 1935, il est conseiller général de Constantine

En 1930, son domaine couvre 700 hectares de terres céréalières

A partir de 1935, il est délégué colon de la 4ème circonscription du département de Constantine

En 1936, il est président du comité départemental des céréales

Il obtient la concession de la mine d’Aïn Barbar

Au lendemain de la 2ème guerre mondiale, lui et sa famille exploitent 6000 hectares de terres, ce qui fait de lui  le plus important céréaliculteur sur les hautes terres du Constantinois

En 1949 il achète un avion Nord 1101 Noralpha pour se poser sur son terrain privé.



Il sera aussi président de l’Union des Syndicats Agricoles, vice-président de la caisse régionale de crédit agricole de Constantine … président de la chambre d’agriculture … et vice-président de l’assemblée algérienne.

Le centre de Zeraia est créé en 1874, la commune de Zeraïa est créé le 23 novembre 1880.
Commune de Zeraia Canton de Mila dont le maire est Gratien Faure puis par son fils Maurice.

En 1963 Zeghaïa sera intégrée à la commune de Oued Endja.

Il faut attendre 1984 pour qu'elle retrouve le statut de commune.

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Message le Sam 6 Oct 2018 - 22:20 par Vent du sud


24 Février 1955 :
Embuscade dans les Aurès, un convoi militaire attaqué, un légionnaire tué, deux blessés.
Un arrêté rappelle les pieds noirs d’Algérie des classes 50, 51, 52/1.
Le 24 Août les pieds noirs du Maroc sont également rappelés. 38000 hommes sont concernés.

Les effectifs militaires sont portés de 56000 à 83000.

25 Février 1955 :
RAS

26 Février 1955 :
Soustelle réclame l'augmentation des effectifs militaires.

27 Février 1955 :
RAS

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Message le Dim 7 Oct 2018 - 21:43 par Vent du sud


28 Février 1955 :

Une ambulance tombe dans une embuscade, près de Biskra, deux morts, 3 blessés.

Jusqu'au 18 avril, première inspection du dispositif pénitentiaire français au Maroc et en Algérie. Le régime paraît satisfaisant, en particulier dans les prisons civiles.
La croix rouge internationale recommande de séparer les tuberculeux des autres détenus.


Hotel du Sahara à Biskra

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Message le Lun 8 Oct 2018 - 7:48 par Vent du sud


1 Mars 1955 :
Accrochage entre tirailleurs algériens et rebelles dans les Aurès, 1 tué, 6 blessés, 2 disparus chez les français. ICI photo d'un des disparus

2 Mars 1955 :
RAS.

3 Mars 1955 :
RAS

4 Mars 1955 :
RAS.

5 Mars 1955 :
RAS

6 Mars 1955 :
RAS.

7 Mars 1955 :
Layachi Ahmed, 30 ans, de Yakourène, égorgé le 7 mars 1955 près de sa mechta par quatre maquisards; motif : s'est rendu auprès du garde forestier d'Azazga pour demander l'autorisation de ramasser du bois dans la forêt de Tagma.

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Message le Lun 8 Oct 2018 - 7:50 par Vent du sud



8 Mars 1955 :
RAS.

9 Mars 1955 :
RAS.

10 Mars 1955 :
La police abat un rebelle dans la banlieue d'Alger, il s'agit d'un ancien responsable des scouts musulmans.

11 Mars 1955 :
RAS.

12 Mars 1955 :
RAS.

13 Mars 1955 :
RAS.


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Message le Lun 8 Oct 2018 - 13:23 par Vent du sud


14 Mars 1955 :
RAS

15 Mars 1955 :
Attaque d'un chantier forestier le 15.3.1955 après-midi par un détachement de l'A.L.N., fort de 30 hommes et commandés par Abidi Lakhdar, au douar Tahament (c.m. Ain-Touta, départ.
Constanntine): l'unité détruisit tracteurs et camions, incendia le matériel et emmena en otages puis assassina le chef de chantier européen et son adjoint musulman.

16 Mars 1955 :
RAS

17 Mars 1955 :
RAS

18 Mars 1955 :
RAS

19 Mars 1955 :
RAS

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Message le Lun 8 Oct 2018 - 13:25 par Vent du sud



20 Mars 1955 :
Le gouvernement indique ses axes d'action pour l’Algérie : "mettre rapidement fin à l'état d'insécurité qui règne sur les populations ; amorcer une nouvelle politique économique et sociale ; étouffer les tentatives d'ingérences étrangères."

21 Mars 1955 :
RAS.

22 Mars 1955 :
La police arrête dans une cache à Alger, Rabah Bitat, un des chefs historiques. Cette arrestation crée la plus grande panique dans le sein du F.L.N. qui se croyait à l'abri des trahisons, et protégé par ses complicités au sein de l'administration française et de la mairie d'Alger. Ses dirigeants s'enfuient d'abord dans les maquis puis très vite au Caire. Il restera en prison jusqu'en 62, et n'aura aucune carrière officielle après.

Dahman Ali, 32 ans, cultivateur près de Dra eh Mizan, poignardé le 22 mars 1955: motif, s'est rendu à la gendarmerie pour se plaindre du vol de deux moutons.

23 Mars 1955 :
Liquidation de Khaleb Messaoud ben Salah, garde champêtre, douar Ouled Abdi.

24 Mars 1955 :
RAS

25 Mars 1955 :
RAS

26 Mars 1955 :
RAS

27 Mars 1955 :
RAS


Draâ El Mizan est une commune de la wilaya de Tizi Ouzou en Algérie, située à 42 km au sud-ouest de Tizi Ouzou et à 110 km au sud-est d'Alger, dans la région de la Grande Kabylie.

28 Mars 1955 :
Soustelle reçoit au palais d'été, dans la discrétion, des représentants des différents courants nationalistes, Ahmed Francis, un des dirigeants du MNA, un ouléma. Il leur explique que l'état d'urgence qu'il veut mettre en place dans le Constantinois n'empêchera pas le fonctionnement démocratique et qu'il souhaite que ses interlocuteurs restent dans les organes représentatifs, mais n'arrive pas à les convaincre.

29 Mars 1955 :
RAS

30 Mars 1955 :
RAS.

31 Mars 1955 :
Au douar Zorg (c.m. La Meskiana, départ. Bône), le 31.3.1955 est trouvé un cadavre nu totalement tailladé aux membres, à la tête, à l'abdomen., c'est un ancien combatant il est brulé Voir ce qu'il en reste ICI.

La chasse est fermée, elle ne sera pas réouverte avant 1962, d'où l'abondance de gibier qui réjouissait tant les militaires du contingent.

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Message le Mar 9 Oct 2018 - 4:47 par Vent du sud


1er Avril 1955 :
Depuis le premier Novembre 1954, on note 412 attentats contre des musulmans pro- français, faisant 103 tués et 85 blessés. Le FLN veut convaincre les musulmans par la terreur, ça s'appelle "faire accéder la population à la conscience politique".

L'ALN est inquiète du manque d'allant de la population, elle lance un appel: "sortez de votre reserve et de votre silence".

3214 personnes ont été arrêtées pour atteinte à l'ordre publique.

2 Avril 1955 :
RAS.

3 Avril 1.955 :
La loi du trois Avril 1955, sur l'état d'urgence en Algérie (seulement pour les Aurès), est valable pour six mois. Elle est votée par 379 voix contre 219, les socialos- communistes votant contre. Prorogée, elle cessera ses effets le premier décembre 1955, lors de la chute du gouvernement. Cette loi permet, pendant six mois, les perquisitions de jour comme de nuit, l'internement administratif, la saisie des armes sans formalités, le contrôle des journaux et confie une partie des pouvoirs de police à l'armée.

La première "victime" de cette loi sera un instituteur communiste, interné, puis expulsé en métropole.

Mezouag M'hamed égorgé prés de Foum Toub.

4 Avril 1955 :
RAS.

5 Avril 1955 :
Les rebelles enlèvent au douar Ouled Labiod Athamena Ali et Bentalah Ahmed, agés de 18 et 23 ans, afin d'en faire des combattants. Le pére d'Athamana suit les rebelles en les suppliant de relâcher son fils. Les rebelles l'égorgent et les deux jeunes gens en sus pour faire bonne mesure.

A la suite d'une embuscade, Michel Daudignon, du 13 ème B.C.A.est fait prisonnier au col d'Agouni Gourbhane. Il s'évade le 16 avril.

6 Avril 1955 :
RAS.

7 Avril 1955 :
RAS.

8 Avril 1955 :
RAS.

9 Avril 1955 :
RAS.


Pacifier, aider la population.

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Message le Mar 9 Oct 2018 - 21:05 par STEP

Même sans montrer les photos de Jean-Jacques VIALA (et c'est mieux ainsi) on sent la catastrophe qui arrive....

Début 1955, la France est occupée... à travailler, à vivre et à s'amuser pour oublier une guerre qu'elle a mal faite et d'autres qu'elle ne veut pas faire...
Là-bas, dans cette "province" bien lointaine,  il se passe des choses mais ici, on peut encore aller au cinéma voir des westerns et des publicités...
Là-bas, on égorge, tranquille...
Aujourd'hui aussi, on regarde tranquille...

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Message le Mar 9 Oct 2018 - 23:21 par Vent du sud


Oui les clichés sont horribles, et cela a pourtant existé.

10 Avril 1955 :
Saci Belgacem est retrouvé égorgé dans le barrage des zardezas.  

11 Avril 1955 :
RAS

12 Avril 1955 :
Ahmed el Mezherbi, 40 ans, commerçant, égorgé le 12 avril; motif: a demandé au tribunal de Blida de juger un différend entre lui et un autre musulman, Achour Amar qu'on retrouve égorgé, lui aussi, sur la route de Médéa.

Dans une lettre de ce jour Abbane Ramdane écrit à ses amis du Caire "nous sommes décidés à abattre tous les chefs messalistes" - "L'immigration algérienne en France des origines à l'indépendance " (en fait une hagiographie du MNA et de Messali), par Jacques Simon, ISBN 2-84272-082-2 page 319)



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Message le Mer 10 Oct 2018 - 21:15 par Vent du sud


13 Avril 1955 :
Liquidation de Saïbi Mohamed ben Abdelkrim conseiller municipal du Kroubs.

14 Avril 1955 :
Embuscade dans les Aurès, le convoi militaire réagit et fait 8 prisonniers.

Un conseiller municipal enlevé au douar Tarfana.
Des bombes découvertes à Constantine.

15 Avril 1955 :
Discours électoral très dur de Ferhat Abbas à Djidjelli, "le seul hors la loi, ici, c'est le régime colonial" .

Le même jour, à Condé Sembdou, le FLN assassinait Grina, gardien d'un chantier sans doute colonial.

16 Avril 1955 :
RAS.

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Message le Jeu 11 Oct 2018 - 23:26 par Vent du sud


17 Avril 1955 :
Le FLN avait promis la mort pour ceux qui votaient. Djellab Chattoub ben Ali (du douar Stak, c.m. Tebessa), 50 ans, père de 7 enfants, n'ayant jamais manifesté d'opinion politique, est égorgé sur la route dans la nuit du 16 au 17 avril 1955; il allait prendre le camion pour conduire des électeurs au bureau de vote de Gentis afin de participer aux élections locales (pour le Conseil Général): vote interdit par le F.L.N.

18 Avril 1955 :
Conférence de Bandoung, grande messe des pays du tiers monde, non alignés (ni communistes, ni américains). Il s'y forme, sous la triple alliance de Tito, Nasser et Nehru et dans la saumure intellectuelle marxiste une doctrine "anti colonialiste". Le F.L.N. est intégré dans la délégation égyptienne.

19 Avril 1955 :
Le gouvernement envoie cent mille hommes supplémentaires en algérie, dont des fusillers marins sur la côte du Constantinois.

20 Avril 1955 :
RAS

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Message le Ven 12 Oct 2018 - 20:58 par Vent du sud


21 Avril 1955 :
Soustelle déclare : "il faut supprimer la psychose de peur dans le Constantinois, où la présence de renforts devraient rétablir rapidement la confiance". Déjà, le sentiment d’insécurité.

22 Avril 1955 :
Violents combats près d'el arouch.

Deux commerçants algérois assassinés dans leur magasin.

25.000 pieds de vigne arrachés dans une ferme du Fondouk. Ce "petit" vandalisme (l'algérie fût occupée par les vandales, avant les byzantins) est destiné à mouiller les ouvriers et autres paysans, en leur faisant commettre un acte répréhensible, mais pas trop grave. Tactique d'engagement de la population mise au point par les communistes et recopiée ici par le FLN.

Attaque du village de Youks-les-Bains par un commando de rebelles.

Le caïd, le garde champêtre, le président de la djemaa enlevés à M'touza, tous les symboles de l'autorité de la France.



La localité de YOUKS LES BAINS devenue HAMMAMET à l’indépendance.
Dans l’Est algérien la commune de YOUKS les BAINS, culminant à 878 mètres d’altitude, est située à 15 km au Nord-ouest de Tebessa

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Message le Sam 13 Oct 2018 - 22:07 par Vent du sud


23 Avril 1955 :
Au douar Belkeif (c.m. Morsott, départ. Bône), Benarfa el Gharbi ben Mohamed est enlevé à son domicile par 3 soldats de l'A.L.N. On retrouve son cadavre égorgé le lendemain. Il était ancien combattant.

24 Avril 1955 :
Deuxième tour des élections cantonales, les indépendantistes de l'UDMA (le parti de Ferhat Abbas) en net recul.
Les élections cantonales, que Soustelle a voulu libres de toutes interventions administratives, ne donnent que 8 sièges, dans le Constantinois, aux amis de Ferhat Abbas.
Mais la campagne électorale a été marquée par la violence des propos anti- français. Les nationalistes hurlent au trucage, le seul scrutin qui trouvera grâce à leurs yeux est le dernier, celui qu'ils organisent le 1.07.1962.

Le gouvernement décide de regrouper le Constantinois sous un commandement unique.

25 Avril 1955 :
Prêche de la guerre sainte à la mosquée de Constantine par les cheikhs Khereïdine et El Hocine.
Dans un prêche remarqué, ils prônent la guerre sainte (le djihad) contre la France et les incroyants (les juifs et les chrétiens) .

Ils sont immédiatement arrêtés.

26 Avril 1955 :
Rien.

27 Avril 1955 :
Rien.

28 Avril 1955 :
Rien.

29 Avril 1955 :
Rien.

30 Avril 1955 :
Rien.

1 Mai 1955 :
Rien.

2 Mai 1955 :
Rien.

3 Mai 19.55 :
Rien.

4 Mai 1955 :
Rien.

5 Mai 19.55 :
Rien.

6 Mai 1955 :
Rien.

7 Mai 1955 :
Rien.

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Message le Dim 14 Oct 2018 - 22:22 par Vent du sud



8 Mai 1955:
Raoul Moertens, garde forestier, assasiné en kabylie, un autre (Dauty) à Aïn Kechera.
A la mechta Bouzitoun, Boucherit Mokhbi égorgé.

9 Mai 1955 :
Khaouane Saad, enlevé dans la nuit au douar Ouled Derradj (c.m. Jemmapes) par un groupe de l'A.L.N., est retrouvé les mains liées, les yeux bandés, la gorge tranchée. Il était président de djemâa (conseil de village, officiellement reconnu).

10 Mai 1955 :
A el-milia, embuscade, deux gendarmes tués, deux autres blessés.

Soustelle venu sur place, se rend compte que battre les rebelles ne sera pas si facile.

JJSS ("kenedillon") vient au nom de Mendés France demander à Soustelle de liquider le gouvernement Faure en démissionnant avec fracas. Il veut ainsi remettre en selle Mendés France. Soustelle refuse, il sera flingué à chaque occasion par les bons journaux, l'express, l'observateur, témoignage chrétien.

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Message Hier à 9:31 par Blu

"Prêche de la guerre sainte à la mosquée de Constantine "
Toutes ces tueries avec égorgements me font penser à des habitudes utilisées aujourd'hui...
Je me demande quand même quelle était la position du FLN vis à vis de la religion à cette époque.
Guerre sainte peut-être mais pas au point où nous la connaissons aujourd'hui ?
Quelle était l'importance du Coran ?
Les combattants FLN avaient-ils le droit de fumer par exemple ? Etaient-ils tenus aux prières etc. ?
Cela devait peut-être dépendre des chefs de Wilayas, la religion étant un "moyen" de tenir les gens ?

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Message Hier à 10:38 par FOUQUET

Oui on peut parler de tueries atroces, et lorsque on parle de la guerre d'Algérie chez certains historiens et la majorité des médias, c'est l'omerta complète.

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Message Hier à 10:46 par FOUQUET






C'est un sujet complexe et vous avez raison, un sujet pas souvent évoqué. Cet ouvrage pourrai peut-être apporter des réponses.

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Message Hier à 12:44 par Blu

Que de "choses" occultées sur cette "guerre" d'Algérie !
Tous ces silences mériteraient de longs débats.
Le problème est qu'à force de cacher les choses, soit elles finissent par disparaître, soit elles remontent au jour transformées et souvent incompréhensibles. L'égrenage des faits au jour le jour, comme c'est le cas avec ce sujet du forum, permet de se faire une idée.

Merci FOUQUET pour le livre, je viens de voir qu'il est sur Amazon.

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Message Hier à 13:32 par otosan

Merci Vent du sud pour cette chronique qui nous fait vivre au jour le jour les réelles évènements passés .
bon vent pour la suite .

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Message Hier à 21:28 par Vent du sud



11 Mai 1955:
Trois musulmans assassinés en divers points d’Algérie, dont 2 à Biskra, inquiétante progression dans le sud.

12 Mai 1955:
Série d'actes de terrorisme dans les Aurès, 14 morts, 20 blessés, tous musulmans, sauf Ferraci, maçon, égorgé.

13 Mai 1955:
Bourgés-Maunoury, ministre de l'intérieur, envoie 2.000 hommes en renfort en Algérie.

Le général Cherriére envoie ses instructions au général Allard, commandant du constantinois.
D'une part on se retire des Aurés, laissant la main aux Affaires Indigénes (futures SAS) et à l'administration.
D'autre part, en bordure des Aurés, afin d'éviter l'extension de la rebellion, des mesures de représailles collectives seront prises à l'égard des populations.


Monsieur Bourgés-Maunoury


général Cherriére

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Message Hier à 21:31 par Vent du sud



MAURICE BOURGÈS-MAUNOURY
Alias : Polygone - Berniquet - Cavalier

Maurice Bourgès-Maunoury est né le 19 août 1914 à Luisant en Eure-et-Loir ; il est le petit-fils de Maurice Maunoury, député et ministre de l'Intérieur de Raymond Poincaré.

Après des études secondaires au collège Stanislas à Paris, il entre à l'Ecole polytechnique en 1935, est licencié en droit et diplômé de l'Ecole libre des Sciences politiques.

Lieutenant d'artillerie dans un régiment de l'est en 1939, il fait fonction de commandant de batterie. Il prend part à la campagne de France dans les Ardennes et est fait prisonnier en juin 1940. Envoyé en Allemagne, il est interné, avec son frère Robert, à l'Oflag XVII A en Autriche.

En juillet 1941, après treize mois de détention, Maurice Bourgès-Maunoury est rapatrié en France comme ingénieur.
Avec trois camarades, Jacques Delmas, Félix Gaillard et Lorrain Cruse, il prépare l'Inspection des finances et, en même temps, prend contact avec les éléments de la Résistance.

Fin 1942, il passe les Pyrénées pour rejoindre les Forces françaises libres. Arrêté par la Garde civile espagnole, il se fait passer pour Canadien pour ne pas être renvoyé en France. Retenu prisonnier plusieurs mois à Pampelune, il parvient, grâce aux autorités britanniques, à gagner Londres, via Gibraltar, au début de 1943.

A Londres, il suit les entraînements spéciaux et est déposé par une opération aérienne près de Lons-le-Saulnier, le 15 septembre 1943, en compagnie de Paul Leistenschneider et Louis Mangin. D'abord délégué militaire de la région Rhône-Alpes (R1), il devient, après le départ de Mangin, délégué militaire national. Il multiplie les déplacements en zone nord et en zone sud aidé par son adjointe Madeleine Giraud (alias Andrée) qui allait devenir sa femme.
Début mai 1944, il repart pour Londres par une opération aérienne pour rendre compte des résultats obtenus en France en vue du débarquement allié.

Il est parachuté en France, en Saône-et-Loire, à Cluny, en compagnie de Jean Rosenthal et Paul Rivière, dans la nuit du 6 au 7 juin 1944. Il se foule la cheville à l'atterrissage mais prend immédiatement ses fonctions de délégué militaire pour la zone sud.

Après la libération de Lyon, alors qu'il tente de rejoindre Paris pour rendre compte de la situation au général Koenig, il est très grièvement blessé de plusieurs balles par les tirs d'une colonne allemande devant Montceau-les-Mines.

Moribond, il est alors transporté à l'hôpital du Creusot, ville encore occupée par les Allemands. Ramené à Lyon, il échappe de peu à l'amputation et est soigné à l'hôpital de Grange Blanche où il reçoit la Croix de la Libération des mains du général de Gaulle.

Il est nommé sous-chef d'Etat-major de l'Armée jusqu'en juin 1945 puis commissaire de la République à Bordeaux.
En 1946 il est élu député de la Haute-Garonne ; il le sera de nouveau en 1951 et 1956.
Membre du Parti radical, Maurice Bourgès-Maunoury est secrétaire d'Etat au budget en 1947-1948, avant d'être nommé secrétaire d'Etat à l'Air et à la Guerre.

Ministre des Travaux publics en 1950, il est, la même année nommé secrétaire d'Etat à la présidence du Conseil.
De 1951 à 1952 il est ministre adjoint de la Défense nationale puis, en 1952, ministre de l'Armement.
Ministre des Finances (1953), ministre de l'Industrie et du Commerce (1954), ministre des Forces armées (1955), ministre de l'Intérieur (1955-1956), ministre de la Défense nationale et des Forces armées (1956-1957).

En 1957 Maurice Bourgès-Maunoury devient président du Conseil (13 juin au 6 novembre) puis jusqu'en 1958 ministre de l'Intérieur.

Il abandonne ses activités politiques en 1960, et exerce des fonctions au sein du groupe de la Banque Rivaud.

Maurice Bourgès-Maunoury est décédé à Paris le 10 février 1993. Il est inhumé à Luisant.




Source Ordre de la Libération





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Message Hier à 22:23 par Blu

"Le général Cherriére envoie ses instructions au général Allard, commandant du constantinois.
D'une part on se retire des Aurés, laissant la main aux Affaires Indigénes (futures SAS) et à l'administration.
D'autre part, en bordure des Aurés, afin d'éviter l'extension de la rebellion, des mesures de représailles collectives seront prises à l'égard des populations.
"

Qu'est ce qu'il entendait par là le général Cherrière ?

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Message Aujourd'hui à 5:45 par Vent du sud




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Message Aujourd'hui à 9:12 par Blu

Merci Vent du Sud pour ce document qui apporte une réponse.

Faire payer les réparations en effectuant les travaux, réquisitions, éloignements...
Remarque, facile à faire aujourd'hui :
Dans ce type de "conflit", du moins au début, ce genre de choses est à double tranchant.


"... matraquer aussitôt bandes adverses par tous moyens mitrailleuses, roquettes, bombes...
... bien entendu points et modalités ... à régler en accord avec autorité civile mais celle-ci devra montrer immédiatement vigueur autre que verbale..."

Et si l'autorité civile ne montre pas" immédiatement une vigueur autre que verbale" on fait quoi ?

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Message Aujourd'hui à 10:39 par Vent du sud



14 Mai 1955:
Khalfa Allaoua, fermier au douar de M'Chounèche dans les Aurès , est enlevé avec son khammès et un ami par une trentaine d'hommes armés. On le retrouve le surlendemain, sur la route de Biskra à Arris, égorgé, la narine gauche percée par une épingle à nourrice retenant une feuille de papier portant: " Exemple à tous les traîtres à la nation, Armée de libération nationale " .Pour le ridiculiser, un chapeau mou européen coiffe son cadavre; Son crime, ancien adjudant de l'armée française.  

15 Mai 1955:
rien

16 Mai 1955:
Un garde champêtre, Mandani, ancien sous officier de l'armée française, abat à lui tout seul dix FLN qui avaient envahi Aïn Naga, près de Biskra.  

17 Mai 1955:
Soustelle, retour d'une tournée dans le constantinois refuse à Monteil d'intervenir en faveur de cinq villageois que Monteil juge innocents. Il lui parle d'un administrateur civil, Dupuy, père de huit enfants, qu'il a rencontré à Guentis.
Il lui déclare: "Dupuy est un saint laïque, et pourtant des fanatiques comme le sont sans doute vos musulmans ont essayé, il y a quelques jours à peine, de le liquider physiquement. Ils ont tiré une rafale de mitraillette à travers sa porte."

Le 24 Mai, Dupuy sera tué dans une embuscade, Soustelle se convainc chaque jour un peu plus qu'on ne peut pas négocier avec le FLN.

18 Mai 1955:
rien.

19 Mai 1955:
Cent mille appelés sont envoyés en Algérie pour le maintien de l'ordre.

Création des "unités territoriales" formées de tous les algériens du premier collège (c'est à dire les européens et les musulmans qui ont demandé la pleine nationalité) âgés de moins de 40 ans. Il s'agit de les mobiliser plusieurs jours par mois, par roulement, de façon à assurer la garde de ponts sensibles, fermes, ponts, usines etc... Progressivement des musulmans y seront incorporés, en particulier après mai 1958 et la suppression du double collège.

Des unités navales et des fusillés marins sont envoyés sur les côtes du Constantinois.

D'après Courrière, ce jour, Soustelle aurait donné l'ordre d'abattre tout rebelle pris les armes à la main. Courrière ne donne pas ses sources, (sans doute une déclaration du général Cheriére, ou de Monteil.) Est-il crédible?. En tout cas, aucune preuve dans les archives. De plus, le basculement de Soustelle date du massacre du 20 Août (El Halia et Philippeville…). Aussi faut-il voir là une tentative de Cheriére de se disculper. ou une vengeance de Monteil, ou un accord verbal à des demandes ponctuelles. En effet, cet ordre, s'il a existé, ne fût pas exécuté .

20 Mai 1955:
Necib Louarbi abattu et depouillé au douar Bahiret el Arneb.

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Message Aujourd'hui à 10:44 par Vent du sud



On arrivait à Guentis par une piste étroite et poussiéreuse, empruntée à intervalles généralement réguliers par le convoi et moins souvent par les convois opérationnels.



Le jour du convoi était, pour le petit poste, jour de fête. C'était, d'abord, jour de courrier et jour de visite. Les montants avaient des tas de choses à raconter : ceux qui revenaient de permission donnaient des nouvelles de la belle Alsace, ou de la douce Touraine, ou ouvraient la bouteille rapportée de là-bas pour les copains ; ceux dont la fonction privilégiée d'itinérants permettait de rouler sur les routes goudronnées racontaient le dernier film programmé à Tébessa ou décrivaient la dernière recrue de la maison Caracalla ...

Chez les sous-officiers et chez les officiers, l'ambiance n'était pas moins bonne...
Ce jour-là, les corvées se faisaient dans la joie, y compris la cuisine, et il était amusant de voir l'ardeur des cuistots à monter une mayonnaise en versant l'huile à la louche dans une marmite. Puis, le soir, c'était le départ.

Le petit poste suivait à la jumelle la marche du convoi, et dès que, là-bas, au nord, disparaissaient les camions, et même la poussière, une grande tristesse tombait sur Guentis, et plus d'un s'est surpris à avoir le coeur serré...

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