Capitaine Claude BARRES

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12092018

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Capitaine Claude BARRES





Au 2° BCCP-SAS, il était sous-lieutenant à la 6 (GC 3). C'était un fonceur, entraîneur d'hommes. Très uni à ses commandos qui lui faisaient une confiance sans réserve et le suivaient dans les plus audacieuses aventures de nuit comme de jour.



En dehors des escarmouches, il aimait sortir le soir avec ses hommes. Il s'était constitué une équipe de copains anciens maquisards avec qui il avait une affinité particulière. J'ai eu l'honneur d'être de ceux-là, ex maquisard moi aussi et de plus du même âge.

Enlevant ses galons qu'il mettait dans sa poche il disait retrouver ainsi l'anonymat d'une franche camaraderie décontractée comme au temps des maquis. Très autoritaire au combat avec un commandement bref et précis, il était quelque peut fâché avec la discipline militaire ce qui contribua beaucoup à compromettre son avancement ce dont il se moquait éperdument.

Il vivait uniquement pour l'action. Il faut dire que formé en Angleterre aux "Jedburghs" il avait été à bonne école.

Je me souviens entre autres d'une anecdote qui s'est passée à Tourane (Danang maintenant) en 1948.
Nous devions embarquer sur un navire pour rejoindre Saïgon. Le problème était que nous avions avec nous un gamin d'une dizaine d'années que nous avions récupéré en opération. Le pauvre gamin avait perdu ses parents tués au cours des combats. Terrorisé par la peur d'être tué à son tour il nous avait suivi pendant toute l'opération. Nous l'avions donc ramené et à la longue pratiquement adopté.

Il vivait parmi nous et s’efforçait de se rendre utile par de menus travaux ce qui lui faisait dire :  moi boy parachutiste.
Apprenant notre prochain départ et son abandon obligatoire, il était désespéré et nous suppliait de l'emmener. Problème insoluble. C'est BARRES qui trouva la solution.
Voilà un sac marin marqué à mon nom. Vous mettrez le môme dedans et le plus costaud le portera sur son épaule. Comme le sac est marqué à mon nom, il faudra franchir la passerelle derrière moi. Si quelqu'un demande quelque chose, je dirais que c'est mon sac, ce qui est la vérité d'ailleurs .
Mais à part ces quelques frasques que nous nous régalons encore de raconter, qui était donc Claude BARRES ?
Il était le petit fils de l'écrivain Maurice BARRES.

En 1943, il a dix sept ans quand il rejoint les Forces Françaises Libres à Londres et suit la formation de l'école des cadets de Ribbesford. Il est ensuite affecté au 3° bataillon de l'air (futur 3°RCP) sous les ordres du Commandant CHATEAU-JOBERT.

Il est parachuté le 15 Août 1944 dans la région de Lyon pour organiser des attaques et embuscades avec les maquis de la région. Cela lui vaudra la Croix de guerre 39-45 avec palme.

La France est libérée, mais il continue la lutte contre les Allemands et le 7 avril 1945, il est parachuté derrière leurs lignes en Hollande.
La guerre terminée, il s'oriente vers la vie civile et quelques missions à l'étranger sans grands succès car rentrer dans le rang n'est pas son genre et comme il dit, c'est mon congé de fin de campagne .

Il reprend du service et à sa demande est affecté au 5° BPIC qui devient le 2° BCCP-S.A.S avec lequel il participera à de nombreuse actions commandos. Il demandera ensuite à partir au TONKIN et en 1950 il est au 5° BCCP et parachuté dans la jungle au LAOS.

En 1951 il est affecté au GCMA, ce qui est tout à fait dans ses cordes. Missions spéciales en territoires occupés par le Viet Minh, et comme il dit :
ma mission et mon plaisir, c'est de foutre le bordel chez les Viets

En 1952 , volontaire pour la CORÉE il en revient avec la Légion d'Honneur et une blessure.

En 1953, après une convalescence bien méritée, le voilà 3° BEP.

Enfin promu Capitaine en 1954 il est affecté au Service Action du SDECE.

En 1958 au 9° RCP et prend le commandement de la 5° compagnie. C'est en pleine période de la guerre d'Algérie et son comportement toujours exemplaire lui vaudra la Croix de la Valeur Militaire avec étoile d'argent.

Mais " sa baraka" comme il disait devait cesser de lui sourire.
Le 26 mai 1959, il tombe dans le djebel HARRABA. En plein combat à la tête de ses hommes, fauché par une rafale d'arme automatique.

Sa gloire sera immortalisée par son nom qu'il donnera en 1993 à la promotion d'élèves officiers d'active de l'EMIA de COËTQUIDAN.
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