Les BOUGIES du 13 saison 4

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10102018

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Les BOUGIES du 13 saison 4




Les BOUGIES du 13 saison 4
(Chronique…  pour voir un peu plus loin…)

(Je n’ai pas oublié mon affaire de bougies mais je ne pouvais pas commencer à en parler sans évoquer ou éclairer la scène. Et sur une scène c’est parfois les décors qui font une bonne partie du charme de la pièce… Pardonnez-moi cette lenteur, voulue et parfaitement assumée…)

Il y avait beaucoup de Dieux dans ce régiment mais je ne peux pas les évoquer tous.
Des maréchaux des logis chefs ayant commandé des Harkas ou des sergents aux états de service éloquents.
Beaucoup d’officiers étaient du nombre..
Pour ne pas en citer : de Courson, d’Harcourt, Bizard, Morbieu, Renaud, Heux, Gaget… Chacun ayant déjà un passé bien rempli…


Mais tout le monde faisait preuve de discrétion.
Discrétion, c’est le mot…
La mission, donnée en 1963, tout le monde la connait aujourd’hui : reconnaissance profonde en territoire ennemi. Ce qui signifie « tout simplement » : se donner les moyens d’y aller, d’y séjourner et de rapporter ou transmettre des informations.
Vaste programme qu’il fallait mettre au point. Un programme à base d’expérimentations en tous genres. Ce fut une époque fantastique…
Pour y arriver… et revenir (si possible). Il faut s’entrainer et s’instruire.
A noter que la devise « Au-delà du possible » n’est venue que plus tard (à ma connaissance). Vraisemblablement parce qu’on s’est aperçu que ce qui était demandé à ce régiment n’était pas évident…

Bien entendu, l’instruction des appelés, qui faisaient un service de 16 mois, était notre priorité. Je n’ai pas l’impression qu’ils s’ennuyaient… même si cela n’était pas forcément « plaisant » tous les jours…
Christophe venait de nous quitter pour chanter « Aline »…
Dans un premier temps, il était nécessaire de leur apprendre quelques bases avant de les envoyer en escadron de combat où une formation spécifique leur serait donnée.
L’escadron d’instruction (EI) assurait la formation de base jusqu’à l’obtention du brevet para. Le 1er escadron outre quelques formations particulières  était chargé des élèves gradés.
A l’époque, tout était bien organisé, il y avait les fameuses fiches FCB sensées former toute l’armée française. Je ne me rappelle plus la signification (Formation du Combattant de Base ?) mais elles décrivaient laborieusement les séances de formation que nous devions « infliger » à nos petits jeunes pendant les premières semaines. Je dis infliger car ces fiches étaient très détaillées, et parfois trop détaillées pour nos appelés qui étaient d’un niveau élevé.
(Passée la première période d’expérimentation, ces fiches furent « adaptées » à la formation spécifique du régiment).
Un officier « recruteur » du régiment passait son temps dans plusieurs centres de mobilisation pour « sélectionner » nos recrues selon un certain nombre de critères.  A l’époque, il y avait une note donnant le niveau général. Il sélectionnait, quand cela était possible, ceux qui étaient au moins au-dessus de 10/20. Beaucoup  étaient au-dessus de 15/20 et certaines fiches FCB étaient totalement inadaptées à nos Dragons.
Les chefs de pelotons prenaient l’initiative d’adapter leurs enseignements. Inimaginable dans d’autres unités…
Ainsi, la fiche concernant la réaction à un tir d’artillerie se faisait en se rendant au champ de tir. Quelques grenades offensives (réelles) faisant office de bombes et tout le monde plongeait dans les fossés…
Ces grenades avaient d’ailleurs beaucoup d’intérêt car elles servaient aussi pour des exercices divers comme des combats de nuit. Avec quelques « inconvénients »… On se demande pourquoi, le régiment recevait des plaintes d’agriculteurs pour des trous constatés dans leurs champs…
Nos « petits jeunes », à qui était proposé de sauter d’un avion en marche, acceptaient pratiquement tous et finissaient par faire un petit tour à Pau. Bien entendu, on les présentait à la famille : tour d’arrivée, pseudo carlingue grillagée et naturellement ils avaient tous un faible pour la tour de départ (en fin de service à cette époque)…
Antoine chantait «  Quand on aime on a toujours vingt ans… ».

Revenu vers le beau ciel gris de Lorraine, une très grande majorité suivait les pelotons d’élève gradés (CA1, CA2…). Le Dragon élève gradé ne chômait pas. Entre le sport, les séances d’instruction, l’entraînement au tir, l’ordre serré, les marches de jour ou de nuit, la topographie et les exercices divers, les activités ne manquaient pas. Voyages en camion et promenades en hélico permettaient de voir du paysage.
Hiver comme été la Lorraine est pleine de charme…




Et un petit parcours du risque pour démarrer la journée n’était pas pour déplaire…




Quelques « petites » manœuvres ponctuaient la fin des différentes formations.
Au cours d’un parcours effectué en petites équipes de deux ou trois nous avons frôlé l’incident diplomatique.
Comme chacun le sait, à cette époque,  la France était un territoire « occupé » par nos « amis » américains. Notre Président entretenait des rapports tendus avec eux et affichait sa volonté de les faire quitter le territoire national. En attendant, les bases américaines étaient devenues des sortes de forteresses. Nous en avions dans notre « secteur » d’activités. Au cours d’un exercice, une équipe ayant à sa tête un cadre d’active trouva plus rapide de couper à travers la base en franchissant les clôtures grillagées. L’inconvénient d’une base c’est d’être gardée. Et celle-là était bien gardée. Une patrouille avec des chiens intercepta « gentiment » l’équipe qui se retrouva en cellule sous l’inculpation d’espionnage. Les américains étaient des brutes et n’avaient aucun sens de l’humour.
La libération fut laborieuse…
Une autre formation complémentaire était dispensée à une partie du personnel. Après sélection, certains suivaient des cours de transmission. Cette « filière », qui représentait une caractéristique importante du régiment,  était un véritable état dans l’état ! Je n’en dirai pas plus…
Des stages intensifs chez les transmetteurs faisaient que le soir, et c’était pareil pour le personnel d’active, tous les stagiaires entendaient les oiseaux chanter de drôles de mélodies ! Les non initiés avaient du mal à entendre la même chose. C’était dans le genre : Ti Ti Ti Ta ou Ta Ti TaTaTa , je ne sais plus très bien. Les TiTiTiTa revenaient le plus souvent et c’était une véritable obsession. Ils passaient leur temps à décrypter les chants d’oiseaux …

Pour résumer, disons qu’il y avait des oreilles, des yeux et des jambes pour marcher.
En les mettant ensemble on pouvait faire une bonne équipe…



VVV VVV VVV

(à suivre... si vous voulez bien)


Dernière édition par LANG le Lun 15 Oct 2018 - 15:56, édité 1 fois (Raison : Titre)
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Les BOUGIES du 13 saison 4 :: Commentaires

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Message le Mer 10 Oct 2018 - 21:28 par baltique

votre, ou plutôt vos récits ne sont pas a mettre sous l’éteignoir bien au contraire. merci de ce partage.

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Message le Jeu 11 Oct 2018 - 10:16 par tailliez

Absolument, pas question de les éteindre ces bougies !, la suite quand vous voulez, on prend.

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